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ΧАИДЕ

Le retour de Sophie Poifol

Pour ceux qui s’ennuient de Sophie et de Jean-Christophe, voilà quelques images à vous mettre sous la dent. Pendant ce temps, les 2 aventuriers mettent leurs mains dans la terre en Argentine dans une ferme du réseau WWOOF.

Pour voir l’ensemble des images publiées de l’exposition :
* Les fêlures bien-aimées et Le chien au museau froid et Martenitsas et Chanson de marins perdus  http://lunettesroses.com/2013/05/14/le-retour-de-sophie-poifol/
Les jours bleus et La dame qui vend des fleurs http://lunettesroses.com/2013/03/30/sophie-poifol-et-sa-valise/

ΧАИДЕ !

ΧАИДЕ, ça vaut dire Allons-y! Let’s go! Andiamo! Vamos!
Ça veut dire partons d’un seul coup! Foutons l’camp! Disparaissons!

Là-bas, en Bulgarie, on était sept dans une maison jaune toute foutue.
En fait on était douze à être venus pour voir.
Mais en vrai on était bien plus nombreux que ça.
Voyageurs novices, volontaires enthousiastes,  aventureux perdus, bénévoles de passage, on a fait de notre mieux avec ce qu’on avait et c’était beau.
Il en reste des images, des bouts de textes à découper et dessins en pointillés.

Photo1_webLes fêlures bien-aimées / photo et texte (c) Sophie Poifol
« Sans comprendre on s’est mis à l’aimer, à aimer ses fêlures
À coup de pizzas grasses, à coup de trottoirs brisés et de crissements de freins
Le jaune criard des taxis, le rouge sali des briques pelées
Ces photos de famille abandonnées dans la boue du marché
Les odeurs des fromage et les kilomètres de béton

Parfois un linge coloré aux fenêtres
Parfois une publicité de trop

Les heures dans le tram, la tête dans la machine à laver auront même pris un air de chez-soi »

Broderie2_webLe chien au museau froid / dessin en pointillés de machine à coudre et texte (c) Sophie Poifol
« Le froid, quand on n’est pas chez-soi, c’est toujours pire. »

Photo2_webMartenitsas / photo et texte (c) Sophie Poifol
« On l’a tellement attendu ton foutu printemps qu’on s’est mis à photographier toutes les martenitsas qu’on trouvait.
La vieille baba Marta semait ses ficelles sur les branches grises de Sofia. »

Broderie3_webChanson de marins perdus / photo, dessin en pointillés de machine à coudre et texte (c) Sophie Poifol
« Le soir les Danois s’étaient mis à chanter.
Il n’y avait qu’eux deux pour comprendre les paroles
mais on savait bien que ça parlait de marins perdus. »

À suivre…

ΧАИДЕ

Sophie Poifol et sa valise

Avez-vous déjà eu cette impression de vivre dans un film? Le mien de film en est un alambiqué avec des personnages qui parlent des langues étrangères. Babel sans sous-titres, que des sous-entendus. Le plus beau et le plus laid qui cohabitent ensemble. Dans ce film, cette semaine : échanges de courriels intenses pour compenser le baiser pas échangé dans un couloir de métro – première semaine de bébé à la garderie (ou comment passer deux heures dans un Tim Hortons à pleurer) – le plaisir de marcher avec des souliers, de courir d’un rendez-vous à l’autre en me disant que lorsque j’aurai deux minutes je vais écouter Le poids des confettis des Soeurs Boulay.

Pendant ce temps, sur un autre continent, la délicieuse Sophie Poifol fait ses valises. Des valises remplies de talent, de courage, de papiers teints avec du café et de la betterave, de tricotins, d’un Bellou de plus de six pieds qui dessine des micro-personnages, de photos en noir et blanc, de cartes postales littéraires, de boîtes en métal remplies de bagues en plastique trouvées dans la rue, de poèmes de René Char ou de Rimbaud tatoués dans la peau, de cheveux vendus pour une bonne cause, de souliers dépareillés, de boucles d’oreilles aériennes, de générosité, de bouteilles de rhum vides, d’ailes de poulet qui font pleurer, d’oiseaux guerriers, de matière à réflexion, de désirs de changer le monder et aussi…. de Bulgarie! Tel que promis, des images et textes de l’exposition de Madame.

ΧАИДЕ !

ΧАИДЕ, ça vaut dire Allons-y! Let’s go! Andiamo! Vamos!
Ça veut dire partons d’un seul coup! Foutons l’camp! Disparaissons!

Là-bas, en Bulgarie, on était sept dans une maison jaune toute foutue.
En fait on était douze à être venus pour voir.
Mais en vrai on était bien plus nombreux que ça.
Voyageurs novices, volontaires enthousiastes,  aventureux perdus, bénévoles de passage, on a fait de notre mieux avec ce qu’on avait et c’était beau.
Il en reste des images, des bouts de textes à découper et dessins en pointillés.

sophiepoifol_web2Les jours bleus / photo et texte (c) Sophie Poifol

sophiepoifol_1webLa dame qui vend des fleurs / dessin en pointillés de machine à coudre (c) Sophie Poifol
À suivre…

Chronique

Journée mondiale de la poésie

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=xb12MSqnkTI&w=420&h=315]
L’an dernier à pareille date ou presque, nous marchions sur Saint-Joseph en criant Saint-Denys Garneau aux passants. Cage d’oiseau avec Marceau, Ouellet, Lamarre, Désy et compagnie. Cette année Sophie Durocher s’énerve le poète de la cité, le Éditions de la Tournure marathone et le Mois de la Poésie célèbre Sylvie Nicolas. Pendant ce temps j’ai le « nous » plus intime et je détricote des couches sales. C’est même pas le printemps, mais avec des lunettes roses on peut se faire accroire n’importe quoi. L’an prochain je te promets d’avoir la Journée mondiale plus poétique. Je t’enregistre des messages téléphoniques en rimes, je peinture des vers sur les nouvelles tulipes ou j’imprime des poèmes dans la neige fraîche à côté des traces de semelles de bottes.

En attendant, je me réjouis de savoir que la délicieuse Sophie Poifol, qui prépare ses valises pour l’Argentine, va nous faire suivre les photos et les textes de sa dernière exposition, présentée au Café Babylone et à la Barberie en 2012. Pour te mettre l’eau à la bouche…

ΧАИДЕ !
ΧАИДЕ, ça vaut dire Allons-y! Let’s go! Andiamo! Vamos!
Ça veut dire partons d’un seul coup! Foutons l’camp! Disparaissons!

Là-bas, en Bulgarie, on était sept dans une maison jaune toute foutue.
En fait on était douze à être venus pour voir.
Mais en vrai on était bien plus nombreux que ça.
Voyageurs novices, volontaires enthousiastes,  aventureux perdus, bénévoles de passage, on a fait de notre mieux avec ce qu’on avait et c’était beau.
Il en reste des images, des bouts de textes à découper et dessins en pointillés.

Images et textes à suivre…. « Il aura mon âme au bec. »

Code Colibri

Vert-de-gris

Chantal Bergeron. « Vert-de-gris », CODE COLIBRI

carte_vertdegris

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Ça commence par de la moisissure
Qui s’installe – qui se propage
Des métastases sur une boule en miroir
Ton ciel gangrené
Ton plafond qui tombe sur ta tête
Tous les plafonds qui tombent
En même temps!

D’abord
L’homme avec des hanches de femme
marche nus pieds dans le sable.
Tsé celui qui donne des frissons. Le mASSter du flamenco. « Maître », c’est un peu fort comme mot, non? Ça fait penser à un dieu. Le DIEU du flamenco. L’élu, celui qui aime pluss les objets que les personnes. Aime pluss les bagues. Des diamants gros comme des grenades. Aime les faux ongles. Rouges. Qui prolongent ses doigts à l’infini. Il est là. La mâchoire cherrée. Un cheval qui glisse sur l’Apocalypse, qui galope sur l’ambiguïté. Le manteau macho enlevé. MaquilléE comme une catin. Avec du rouge à lèvres sur les dents. Des bagues comme des grenades. En stand by. Attendant. Attendant le miracle. Drag dancing queen en stand by. Attendant. Attendant, dansant tout le temps… avant de mourir.

reBUTER Pendant ce temps on vend des masques à gaz pour les animaux domestiques. La fin du monde est un modèle d’affaires payant pis c’est starté officiellement depuis le 21 mai dernier. La bible vous le garantit c’est jour de jugement dernier. C’est garanti des millions de personnes vont disparaître dans d’atroces douleurs. Alors attendons un peu avant de faire des enfants ou d’en adopter. [Silence.] Attendons et construisons des bunkers souterrains. Munissons-nous de bouteilles d’eau et de conserves. Les gourous inspirés et les petits pois nous sauverons. Les petits pois et les gourous. C’est garanti!

Stand by grenade
Le tambour est cassé
Le band métal fait d’la distorsion
Les tympans claquent
De toutes façons, à quoi ça sert des oreilles quand t’es mort?

Tu commences à trembler par en dedans
Pis c’est là qu’la vieille commence à chanter
A s’lamente
C’est pire qu’la distorsion
C’est la terre qui commence trembler
Des millions de personnes vont mourir
En attendant, le cash coule à flot chez Family Radio
80 millions de dollars américains
C’est garanti!

En faisant l’autopsie, on trouvera des psaumes de Saint Jean en travers d’la gorge des cadavres.

BAM! BAM! T’es mort!

i-BERNER Numérique. Être numériques. Des 0 et des 1. C’est moins dangereux, non? Moins dangereux de développer des allergies. Moins dangereux de se noyer de l’intérieur. Des 0 et des 1. Des signes. Des dessins. Des pixels. Des 0 et des 1. Des 0 pis des 1 avec des désirs quand même et des hésitations. Des désirs d’ailleurs et d’ici. Des urgences aériennes, des contradictions géographiques. Des distances arpentées en un clic, ravalées. Des 0 et des 1 c’est bon, mais c’est pas toi LÀ. TA présence. Va et vient répété pour voir le jardin fleurir et toucher. Rire avec ton rire qui résonne dans la pièce et non dans l’amplificateur bidon intégré au portable. Mettre les doigts dans la terre, dans tes cheveux, tombés. Ça m’étouffe ton cancer et pourtant c’est toi qui meurt, non? [Silence.] Si c’est la fin du monde, ça ne fait aucun sens d’être si loin de chez soi. Si c’est la fin de TON monde, je dois être là. Il n’y a que toi qui meurs au final et tout est dépeuplé. Et si ce n’est pas la fin ce 31 décembre prochain, que ce soit la révolution et qu’elle soit intranquille. Que tout le monde envahisse la place publique comme en Espagne. Avec nos bottes, nos parapluies et nos cris. Garanti, si ce n’est pas fini, c’est que c’est le début. Alors je me lèverai debout. J’attends un peu, VOIR, devant l’écran que je caresse. À la prochaine pub, j’y vais. Et si je ne meurs pas, je ferai le choix de vivre. Je décide que OUI! Clic! Je google un peu en attendant. Je google mon nom.

BUTER [avec le ton de la confidence] Faut dire qu’l’Apocalypse est déjà commencée. Yalda Younes peut vous en parler… Yalda Younes est une danseuse d’origine libanaise. Le messie flashdance. Elle tape du pied et elle dit NON! Attendant le miracle sous les rafales flamboyantes de mitraillettes, AK-47. Stand by. Avec la peur de décevoir plus forte que la peur de mourir. Elle qui n’aime pas les rires mal placés. [Silence.] Elle danse avec le bruit des balles en arrière-son, une cacophonie hécatombe. Frappes de pieds et projectiles se confondent. Tout le corps en colère. Attendant le miracle. Sous la pluie continue. Rafale de gouttelettes, cartouches de plomb. Des tonnes de pluie, de l’eau sans fin qu’on songe à reconstruire l’arche de Noé. Pis on entasse les sacs de sable en attendant. Et on danse avec des bottes de caoutchouc trouées. Et le niveau d’eau monte. Le niveau amer. Toute une vie délavée, lessivée, des fondations qui s’effritent – l’érosion – les moisissures. NON! C’est assez. Les champignons, le squelette nu de nos maisons. Plus de maison. Qu’un territoire inondable. La peau en colère, ratatinée. NON! Reste plus qu’à envoyer un texto avec des photos. Le drame posté sur facebook. La guerre craint. Champs/(chant) de mines. Cassés. Ton crâne nu. Cancer. Quand.

Ça commence par de la moisissure
Qui s’installe – qui se propage
Des métastases sur une boule en miroir
Ton ciel gangrené
Ton plafond qui tombe sur ma tête
Tous les plafonds qui tombent
En même temps!

MORT
Il n’y aura pas de deuil. Parce tout le monde sera mort. On finira la danse dans nos cercueils. En tapant ENCORE du pied et en frappant des mains. Vivants dans nos cercueils fabriqués de nos mains. Requiem des respires. Nos mains, percussives. Et puis, plus rien.

fin