Archives par mot-clé : poésie

Souvenirs de LA FALLA 2013 — HLM

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Concentrés devant la vidéo de LA FALLA 2010

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Emmanuel nous explique son travail de fallero

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Dans le gazebo au HLM Emmaüs avec Louise, Adèle, Claudette et Marcel

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Des participants habitués avec la peinture au HLM Des Carriers

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La belle visite de Joséphine Bacon

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C’est le temps de modeler des soleils au HLM Des Carriers

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Élucille nous chante des airs en créole

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Moulage avec madame Titouan et Micheline

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Enduit de plâtre avec Ginette

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« Le calme bleu du paradis » avec Nicole, Madeleine et Ginette

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Devant les poèmes écrits pour chacun des HLM

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Participants du HLM Des Carriers présents au vernissage

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Participants du HLM Emmaüs présents au vernissage

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Participants du HLM Laure-Conan présents au vernissage

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Participants du HLM Bruchési présents au vernissage

DSCN1885_webphotos (c) Patricia Bergeron et Micheline Gravel

Aujourd’hui j’ai tué un oiseau

Aujourd’hui j’ai tué un oiseau. Je revenais d’aller porter la petite à la garderie et en me stationnant j’ai entrevu un pigeon, puis, plus de pigeon. J’ai reculé et voilà l’oiseau qui était devant mon pare-choc à battre des ailes sans pouvoir s’envoler. Après un moment à dialoguer avec le pigeon pour le convaincre de partir, je suis allée me stationner ailleurs. Je suis ensuite revenue vers l’oiseau pour essayer de l’aider et bien sûr, j’étais plus une nuisance qu’une aide. Le pigeon redoublait de battements d’ailes pour essayer de s’éloigner de moi, nerveux à mort et incapable de s’enfuir. Il arrivait à se soulever du sol, mais retombait aussitôt. Alors j’ai appelé AnnieC en panique pour savoir qu’est-ce qu’on fait avec un oiseau blessé. Elle cherchait le numéro de SOS-l’aile à plat, tandis que je surveillais le pigeon de mon balcon, inquiète de voir le chat du voisin qui commençait à rôder autour. J’ai réussi à rejoindre quelqu’un qui m’a dit que personne ne pouvait se déplacer pour venir chercher l’oiseau, mais que je pouvais le mettre dans un sac de plastique et l’apporter à la SPCA. Honnêtement, je me voyais mal conduire avec un oiseau dans un sac sur le siège passager. J’avais cette image d’oiseau qui bat des ailes dans l’habitable de l’auto (pas la mienne) tandis que j’essaie de me protéger les yeux des coups de bec et de griffes. Elle m’a alors suggéré d’aller porter l’oiseau dans un parc. Elle disait : « si l’oiseau arrive à voler, ce n’est probablement qu’un problème neurologique. » Autrement dit, l’oiseau est sonné, s’il arrive à se calmer et à se reposer il pourra sans doute s’envoler de nouveau d’ici quelques heures, si le chat ne le mange pas d’ici là. Je suis donc partie avec une serviette de bain, j’ai fait « ouich-ouich » au chat et j’ai pris l’oiseau tout contre moi. Il était nerveux (quins!) et battait si fort des ailes qu’il s’est échappé et est tombé par terre. Mmmm pas sûre que c’est bon pour ta neurologie de faire une chute de cinq pieds. Je lui ai trouvé un coin tranquille dans la parc. Il s’est mis à voler plus haut que je ne l’avais jamais vu voler et puis il a piqué du nez et et venu s’écraser la tête dans le gazon. J’ai alors décidé de retourner chez moi pour le laisser se reposer.

Lorsque je suis revenue, l’oiseau était toujours dans la même position, raide mort avec des mouches. Comme quoi, lorsqu’on veut aider, parfois on fait plus de tort que de bien. #mavieestunfilm

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C’était la fin des ateliers cette semaine. Nous avons sablé nos bas-reliefs, avons mis une couche d’apprêt et avons ensuite mis des couleurs qui ont donné vie à nos lanternes. Nous avons eu la visite de Franz Benjamin et d’Anie Samson, respectivement conseiller municipal et mairesse de l’arrondissement, dans deux HLM. Nous avons investi les tissus d’écritures et de peinture. Nous avons terminé l’assemblage des lanternes à l’atelier de la TOHU. Nous avons fait le montage de l’exposition avec cartels, photos, lumières, bande-son. À minuit moins une nous étions prêts pour le vernissage. Plusieurs aînés se sont déplacés pour voir le diaporama de Patricia, qui récapitulait cette belle aventure de 5 semaines. Chacun est allé mettre son souhait dans le personnage-jumeau de la sculpture-structure qui brûlera demain, le 17 août. Nous avons mangé des biscuits et pris un thé ensemble. Les gens sont venus me parler. Quelqu’un m’a dit : « je vous remercierai jamais assez. Moi je suis bonne avec les enfants, mais je suis pas ben bonne avec les adultes d’habitude ». Quelqu’un m’a dit : « j’étais pas trop certaine au début quand vous êtes arrivée, mais c’est très beau ce qu’on a fait ». Quelqu’un m’a dit : « il faut revenir faire des activités avec nous autres l’an prochain ». Quelqu’un m’a dit : « notre groupe est plus fort à cause d’activités comme ça ». Quelqu’un m’a dit : « je sais pas si je serai là l’an prochain. J’ai des problèmes de coeur, de cholestérol. Il y a des risques que je fasse un ACV. »

Comme je l’ai dit aux participants, la poésie peut s’inspirer d’images, de sons, d’odeurs, mais la rencontre et l’humanité sont ce qui la nourrissent d’abord. J’aimerais remercier du plus profond de mon cœur les gens qui ont participé à cette aventure de lanternes poétiques. Patricia Bergeron (médiatrice culturelle de la TOHU), Micheline Gravel (intervenante de milieu), Charles-Hugo Duhamel et toute son équipe (grand manitou de l’équipe terrain de LA FALLA), les falleros, Élodie Choqueux et toute l’équipe de la TOHU (coordonnatrice de LA FALLA) et surtout, les participants des HLM Des Carriers, Laure-Conan, Bruchési et Emmaüs. Merci pour votre générosité, votre ouverture et votre créativité.

Je laisse à chacun des HLM un poème inspiré de notre rencontre et je ne vous dis pas « au revoir », mais bien, à la prochaine…

HLM EMMAÜS
Lanterne de plumes 

Nous pensons que les choses que nous ne voyons pas n’existent pas. On ne visite pas les sites d’enfouissement pour croire que nos poubelles disparaissent comme par magie. On ne voit pas les réserves amérindiennes. On ne voit pas les carcasses d’animaux des abattoirs. On ne voit pas les rivières de pétrole déversé.

Mais les oiseaux voient tout du haut des airs.
Nos cockatiels ne sont pas aveugles.

Parfois je crois que je suis invisible moi-même. Ça me permet d’oublier mon visage. Ainsi vous ne voyez pas mon vernis écaillé. Vous ne voyez pas mes bas dépareillés. Vous ne voyez pas ma tristesse. Vous ne savez pas que j’aime mâcher la menthe de votre jardin. Derrière cette non-existence, je me déguise en oiseau pour voler la saison d’été. Un oiseau-parachute, porteur d’histoires, gardien d’une mémoire malléable et captive. Une mémoire gardée dans une boîte, ouverte au hasard d’une conversation. Sucres d’orge et souhaits s’envolent. Unisson.

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La semaine prochaine semblera vide sans vous. Jamais facile de faire le deuil d’une belle expérience intense de groupe. J’imagine que c’est un peu la même chose pour les falleros et les artistes professionnels qui ont travaillé sur la sculpture-structure. Comme un mélange de fierté de voir le travail accompli, de fatigue et de tristesse à cause de la fin.

Le lien vers la bande-son poétique qui accompagnait nos lanternes…

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crédits de la bande-son:
textes
– Mon père ne chante plus – Franz Benjamin* dit par Marc
– Nikuss – Naomi Fontaine* dit par Denise
– Cultivo una rosa blanca – José Marti dit par Josephina
– L’odeur de feu des routes – Laure Morali* dit par Céleste
– Recette de bonbons d’orge de soeur Delia Marie dit par Annette
– Les silences du monde – José Acquelin* dit par madame Thi Thoan
– Le coeur de la terre – Shirley dit par Shirley
– Bruits du nord – Jean Désy* dit par Marcel
– Prière bouddhiste dit par Athi
– La terre de ma langue – Manon Nolin* dit par Nicole
– Le bruit de la vie – Joséphine Bacon* dit par Ginette
* avec l’autorisation de Mémoire d’encrier

voix
Avec les voix des aînés-lumières des HLM Des Carriers, Laure-Conan, Bruchési et Emmaüs et la participation de Franz Benjamin et de Joséphine Bacon

montage sonore
Chantal Bergeron LUNETTES ROSES à partir des enregistrements faits sur place, des oiseaux de Simon Dumas et d’échantillons sonores de freesound.org (4211__dobroide__fire-crackling, 17726_suonho_ELEMENTS_WATER_01_Underwater, 17729__royal__cavern-wind, 29585__willpio__coeur, 133424__gerardhadders__excavation)

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Difficile de dormir le soir venu lorsque t’a pris un oiseau mort dans tes bras, que t’as vu la fin d’un projet rempli de sens et que quelqu’un t’a parlé de sa propre mort, comme d’une éventualité non souhaitée, mais imminente. « La vie est plus forte que la mort », c’est certain, mais à la fin, c’est toujours la mort qui gagne. « Brûle FALLA brûle. Brûle FALLA brûle. » On verra ce qui naîtra des cendres…

2013-08-15 16.13.47Élodie, Denis, Orsen, Rooldjems, Ronald, Dave, Charles-Hugo, Jenny et Emmanuel

La main à la pâte et poésie on the side…

Je suis en train de lire Testament de Vickie Gendreau. Tu te dis que je suis en retard dans mes lectures. Ben oui, je suis en retard d’un an. Chu en retard pis j’ai mal au ventre et aux poumons. Est-ce ma fibre hypocondriaque qui me rappelle le goût de ma propre mort, ma propre finalité? Est-ce l’empathie littéraire? Est-ce le fait de savoir que Vickie Gendreau n’est plus?

Tout est impératif maintenant dans ma vie. C’est probablement la dernière peine d’amour que je vis. Ça fait mal les dernières fois, c’est vulgaire la vie. J’aimerais au moins pouvoir chiller pendant quelques semaines dans la bibliothèque avec Genet et Guyotat. Je ne vous casserai pas trop les oreilles. Mes histoires ne fonctionnent jamais C’est pour ça que j’aime la poésie, c’est toujours infini. Les gens qui finissent leurs poèmes par un point, je m’en méfie.

Ça sent l’autofiction, mais tout le monde fait de l’autofiction. Chacun ne parle que de soi au final et de l’autour de soi. Même Tolkien dans le Seigneurs des Anneaux avec sa phrase célèbre : « Bilbo le Hobbit, c’est moi. » On parle de notre passé et de ce qui s’en vient. Des prophéties-trash-égocentriques-d’humains-craquelés. Parce qu’il n’y a qu’une seule issue pour tous et que la tragédie est ambiante et spectacle. C’est pour ça que les gens vont à Lac Mégantic et qu’ils s’arrêtent au dépanneur pour demander au commis : « c’est où le meilleur point de vue pour observer la zone rouge? » La tragédie est ambiante et spectacle.

Je me promène et je vois un oisillon tombé de son nid qui se fait bouffer par une centaine de mouches – une fenêtre ouverte avec un mur tapissé de femmes nues. À la radio on annonce qu’une femme de 67 ans s’est fait battre à mort sur la rue Saint-Laurent par un homme à qui on venait de refuser l’accès dans un bar. Ça goûte la nicotine dans ma bouche pis je fume pus depuis 5 ans. La gorge nouée.

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2013-07-12-12.52.04_webmaquette de Charles-Hugo Duhamel

Sur une note plus joyeuse, toujours dans le cadre du projet de médiation de LA FALLA 2013, nous avons commencé à mettre la main à la pâte (à la colle!) avec nos participants de 3 HLM. Nous avons modelé des motifs de bas-reliefs pour orner les panneaux de nos lanternes et recouvert le tout de papier falla. D’un HLM à l’autre les projets sont différents et se personnalisent. Les participants de Des Carriers font des soleils haïtiens. Élucille – Marie-Vénus – Emma – monsieur Coulanges – Maude… les humains se multiplient à chaque séance.

Fanal
Ti-moun se promène nus pieds avec son fanal
ses fanaux
comme une veillée aux chandelles
une procession ludique
un chemin écho tracé de soleils-soirées
une guirlande de maisons de soie
des frères arc-en-ciel : blanc, jaune, noir, rouge
qui éclairent une nuit noire de lune ronde
une nuit chaude
pour écrire des phares-acrostiches
à la lueur de réverbères de papier
à la lumière de feux d’artifices
des bougies baleines
qui remplacent l’électricité
verre d’étoile orangée
fermer les yeux
le mot « soleil » chuchoté

Les participantes de Laure-Conan ont travaillé à partir de moules. Annette nous a raconté comment elle avait appris à faire des sucres d’orge à seize ans avec l’aide d’une soeur. Cette même soeur lui a légué sur son lit de mort ses moules en métal et un livre de recettes. Des recettes patrimoniales de beignes, de sirop contre la grippe, de ketchup de fruits. Un livre magnifique aux pages jaunies écrit à la main, à plusieurs mains. Avec une Sainte Vierge en couverture, plastifiée avec des coutures. Un trésor de souvenirs et d’émotions.

Enfin, à Emmaüs, les motifs étaient variés : arbre – pizza – capteur de rêves – visage. C’est beau de voir comment les gens qui terminent en premier donnent un coup de main à ceux qui sont plus lents, moins habiles ou qui ont des projets plus ambitieux. Ainsi on s’assure que le travail de tous est terminé à temps à l’aide d’une sympathique solidarité.

2013-07-24-12.47.40_webDu côté des chapiteaux, les structures avancent, les personnages se multiplient aussi et les canards passent aux pinceaux. Le tout est INCROYABLEMENT beau et les gens s’investissent tellement dans le boulot qu’il y a fort à parier qu’ils ne voient même plus l’étendue de la beauté et du travail générés. Les professionnels et les falleros se concentrent sur tout ce qu’il reste encore à faire. Le temps commence à être moins présent. L’embrasement c’est pratiquement demain! Serez-vous avec nous pour les journées du 15-16-17 août? Programmation disponible sur le site de la TOHU et sur la page facebook de LA FALLA 2013. Fête au village le jeudi 15 août – Soirée urbaine métissée le vendredi 16 août – Clotûre de LA FALLA le samedi 17 août à partir de 17 heure.

La semaine prochaine je vous raconte le mythe de la création du monde selon les Hurons-Wendat qui est à l’origine de la thématique de LA FALLA de cette année…

Si tu sors, je sors

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Chantal Bergeron. « Si tu sors, je sors », CODE COLIBRI

En Afrique de l’Ouest, les vêtements sont taillés dans des tissus magnifiques. Des indigos, des bazins, des bogolans et des tissus pagnes WAX. Les pagnes ont des motifs et des couleurs variés. Ces tissus portent des noms, comme des messages, des histoires à même les trames de fils et de teintures. Un de mes préférés est « si tu sors, je sors ». Le motif de ce pagne est une cage d’oiseau avec la porte ouverte et deux oiseaux qui sortent de la cage. Le message est clair pour monsieur : « si tu sors, je sors ».

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« Ah, t’as une blonde. Non, tu m’en a jamais parlé. Non, non. Pas mal sûre que tu l’as pas mentionnée pendant que j’me tournais la couette. » Nos libidos nous mentent. Ce besoin de mettre des langues à mèches et des sexes dans nos bouches pour combler tous les vides, tous les manques. Se sentir vivant plutôt que corps en jachère. Jamais plus frencher un gars marié. Marie-Madeleine comme dirait Madame Chose. Ce genre de femme-là. Avec ton jugement avalanche dans le regard des autres. Tu t’auto-flagelles la convoitise. Tu finis le bec à l’eau. A-LLO! Yé où le menu? J’cherche une branche où mâcher à tue-tête. Cheville affamée.

À force d’essayer de rabouter notre lien, de nouer le fil que tu cisailles de ta courbature d’échine. T’écharognes le bout de mes doigts, déjà que le vernis s’écaillait à cause de mon acharnement à aimer. Je me rends compte que je ne suis pas dans une cage, mais dans une baleine achalandée. Une cage d’os en quelque sorte. Enchaînée à des chéries en série, duchesse aveugle aux bras surchargés. Si je sors, je me noie. Si je reste, je me noie. Je caresse les vertèbres-barreaux de ma prison d’hiver pis ça me rappelle Prévert. J’envisage un autodafé. Il ne restera que des cendres carnivores. Le désir dans un canot de sauvetage. Quelques enzymes embrassés. Blanc saccage amidonné. Et des chiffons colorés, témoins de chamailles silencieuses. Bûcher. Chagrin de charbon. Cracher le cadenas.

Déjà un moment que j’étais invisible. Je ne t’ai pas dit bonjour la dernière fois que je t’ai vu. Ou si, je t’ai dit bonjour, mais il y avait quand même tout ce non dit. Cette non rencontre. Cette erreur. Des conversations perdues à jamais. Alors si j’vous ai bien compris, vous êtes en train de me dire… à la prochaine fois. Dans deux ans. Toujours sous la neige. Avec ton accent de whisky chevaleresque. Pis moi, en pin-up chevreuil. Pastiche d’un Harlequin canadien. Sauf que je bois pas. J’allaite. VLAN! On se couchera dans la nonchalance d’une chaloupe imaginaire, mais étanche. Étendus sur nos peaux d’échevelés. Pêchant sans souci de la suite. Prêchant ton corps acrostiche. Assaisonné. Saisonnier.

D’un gars pas libre à l’autre. Fini les projets pilotes de couple. Âme omnivore à soir je mange du tartare de baleine. Aidée de mes canines de secours et de ma frontale batailleuse, je sors du ventre noyade. J’éviscère ma colère. À mesure que je m’attaque aux ribs, les fantômes d’os s’évanouissent. Parasite expulsé et toutes ces épées de Damoclès, qui ont laissé des traces sur mon steak. Il n’y a pas d’abonné au numéro que vous avez composé.

Nos corps coagulés. Rêver de cordes de balançoires. De cordes pour puiser l’eau. De cordes de violoncelles. D’une ligne à la mer. D’haubans qui consolident les mâts. Sur la portée inversée, verticale, escalader l’univers des sons. Ne tenir qu’à un brin d’vie. Tenu par l’autre, resté en bas. Qui me regarde en contre-plongée. Et avale le lousse. Une main sur notre lien. Pour me protéger de moi-même.

Lanternes poétiques dans la mire

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Dans le cadre du volet médiation culturelle de la Falla 2013, ca y est, on plonge avec nos « aînés-lumières » dans le notre projet de lanternes poétiques. Avec l’aide de Patricia (médiatrice culturelle à LA TOHU), de Micheline (intervenante de milieu dans les 4 HLM de Saint-Michel) et des falleros.

projet de lanternes poétiques – « illuminations »
La poésie est une « fenêtre ouverte », une « illumination » et les poètes et leurs voix poétiques, autant d’étincelles dans le monde. À travers les textes du livre-disque Les bruits du monde, les participants découvrent la parole poétique de différents auteurs, dont certains poètes autochtones et s’inspirent de leur propre lumière intérieure pour fabriquer des lanternes qui s’allumeront lors des festivités de la FALLA les 15-16 et 17 août.

Les Marcel, Adèle, Shirley, Marie-Rose, Rose-Marie, Gilberto, Anette, Maude, Denise, Céleste et j’en passe, nous ont accueillis chez eux et ont écouté attentivement l’histoire-thématique de LA FALLA 2013. Cette légende de la création du monde selon la nation huronne-wendat, qui raconte comment le crapaud a transporté la terre du fond de l’océan pour recouvrir la carapace de la sage tortue afin qu’Aataensic et sa famille puissent y habiter et cultiver le maïs, la courge et les haricots.

Nos gardiens de la lumière et du feu mijotent déjà des idées de capteurs de rêves, de plumes, d’oiseaux-parachutes et de couleurs pour la fabrication des lanternes. Ces lanternes sont à l’image du projet plus ambitieux des falleros. À travers le processus de fabrication de nos lanternes, nous serons amenés à explorer les différentes étapes des projets FALLA : construction d’une structure en bois, modelage de bas-reliefs, moulage et peinture. À ce projet nous ajouterons nos voix, en lisant et en enregistrant des poèmes de différents auteurs du livre Les bruits du monde (Mémoire d’encrier).

Les bruits du monde
Ouvrage collectif dirigé par Laure Morali et Rodney Saint-Éloi, Mémoire d’Encrier
Vingt-neuf auteurs sont parmi nous dans ce livre-disque qui célèbre la rencontre, poursuivant le cycle de la parole, en dehors des identités et des cloisonnements. Voici venir ce temps hors frontières où les femmes et les hommes habitent pleinement le monde et se racontent à travers les fables et rumeurs, Nous et l’Autre… dans la nécessité du vivre-ensemble, confrontant corps, imaginaires et pensées. Serrement de coeurs, de voix afin de donner sens à nos chemins et de nous tenir debout face à l’horizon.

Mémoire d’encrier et Les Éditions Bruno Doucey ont eu la courtoisie de nous donner leur aval pour aller de l’avant avec notre projet artistique. Un merci tout spécial à ces auteurs qui savent nous toucher et nous inspirer avec une parole authentique remplie « d’étincelles » et de « feu » sacré. C’est la lumière de José Acquelin, de Joséphine Bacon, de Jeanne Benameur, de Franz Benjamin, de Jean Désy, de Naomi Fontaine, de Violaine Forest, de Natasha Kanapé Fontaine, de Yvon Le Men, de Laure Morali, de Manon Nolin de Makenzy Orcel, d’Arnaud Pons/Annie Bats, de Rodney Saint-Éloi et de Ouanessa Younsi qui nous guide dans notre projet et qui permet la rencontre des aînés avec LA FALLA et avec la parole poétique.

Un beau projet collectif où les aînés sont accompagnés par les professionnels de LA TOHU, les falleros, des intervenants et des artistes. Un espace pour la parole, la créativité et le grain de sel de chacun. La semaine prochaine nous aurons la visite de Joséphine Bacon. Je vous en redonnerai des nouvelles.

Pendant ce temps, on cirque « complètement » à LA TOHU avec chevaux miniatures et spectacles – les falleros et les professionnels accélèrent le rythme de travail et composent des beats –  les pôles de création des organismes communautaires (le Centre Yves-Thériault, le Centre Gabrielle-Roy, les camps de jours, etc.) se joignent à nous avec d’autres bénévoles – et Camille a rejoint l’équipe pour ajouter de la couleur dans nos vies. À suivre…

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Le moi, fragmenté

Voici le texte inspiré par la toile de mon oncle Claude Grégoire.
Chantal Bergeron. « Miroir, miroir », CODE COLIBRI

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Toi
fille forte
au full face façade
faux-semblant en forme de cuirasse
forteresse blindée
parce que femme sans peau
fragilement nue, frissonnante
mais pas en apparence
sous ces 100 soleils sourires
flore intime, archéologie sous-marine
OUI!

Qu’est-ce qui te fait peur
derrière ton visage enfariné
ce visage filtré par le mirage
faiblement familier
la face d’une étrangère
qui rit jaune, qui jaunit
farce extérieure à toi
fumisterie
une distance entre TOI et l’apparence de TOI

Alors tu t’efforces de te réinventer
pour refaire connaissance de nouveau
mais tu ne fléchies jamais tant que ça
tu te frimes toi-même dans le reflet
futée va
fatiguée

Faque si t’avais un visage qui fitte
quelle couleur aurait ta peau?
quelle couleur auraient tes yeux?
feeles-tu qu’tu pourrais avoir les yeux bleus?
NON!
sens-tu même qu’il te reste des yeux?
à force de les baisser t’as perdu la vue
à force de rêver tu fais pus la distinction entre le vrai pis l’fantasmé
réalité fabriquée dans ta tête
entre les vertiges in-existentiels
différentes voix sifflent
les céphalées s’agrippent

La femme aux têtes de serpents
comment elle s’appelle déjà?
est-ce que quelqu’un dans la salle sait son nom?
Méduse, ouais, c’est ça
le TOI fragmenté, fissuré
des éclats se dispersent
tu t’éparpilles dans l’espace
tu deviens l’espace
l’espace et le temps
t’en as marre de ton âge, même si tout le monde s’en fout
la vérité, t’en as perdu des bouts
pendant que certains faisaient des plans de carrière
pis des enfants
toi, tu faisais quoi

Fiévreuse
tu réfléchissais, t’écrivais, mais pas tant
tu dérivais en plein jour surtout
vingt-quatre heures par jour au soleil
avec des craquements infiltrés
et la bouche presque submergée
remplie d’alarmes
parce que tu ressentais trop
parce que toutt te rentrait ‘dans
sous forme de tremblements
parce que t’avais pas mis tes frontières
pis perdu ta confiance
que tu savais pas encore que toutes les émotions que tu feelais
t’appartenaient pas
certaines étaient à ta mère, à ta grand-mère, au collectif
d’autres, au monde at large

Ah ça, prendre le large, tu l’as fait souvent
et t’échouer dans des fonds froids
si profonds qu’on n’y perçoit plus aucun souffle
à chercher, à te chercher
un luxe, non?
coincée, stagnante
sans appétit
en dormance
attendant la prochaine errance
c’est-tu de ta faute si t’as besoin de plus de sommeil que la moyenne?

Crème solaire, crème-glacée et poésie sonore

Les collaborateurs/amis de LUNETTES ROSES s’agitent pendant l’été. Tandis que Sophie Poifol et Jean-Christophe Diehl parcourent les routes argentines, Annie-C Simard Simard raconte des jokes plates dans un village au Sénégal, Claudia Martel fait le deuil de la Betty-Boop-mobile, Mymy la fourmi s’arrache les cheveux pour essayer d’appliquer sa grille de correction à une copie « singulière », Mélanie Turmel cueille de la fleur d’ail, DJ-MFM coupe une patte à son divan afin de pouvoir le rentrer dans son nouveau salon et Sébastien Lamarre travaille [s’amuse] comme correcteur à l’Épreuve Uniforme de Français…

« Dans le prochain paragraphe, je vais présenter un point de vue contradictoire. »  🙂

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De mon côté, je fais avancer différents dossiers : un projet de conte illustré par le très talentueux Pierre-Yves Diehl, un spectacle-bénéfice pour la publication des recueils CODE COLIBRI (de moi-même!) et J’étais énergumène (Mizaël Bilodeau) chez GROUPE POÉSIE COMBATTANTE, une exposition  de poésie sonore pour le prochain Mois de la poésie et des ateliers de confection de lanternes poétiques avec des aînés de 4 HLM du quartier Saint-Michel dans le cadre du méga projet de médiation culturelle LA FALLA de la TOHU.

Les Falleros, aidés de bénévoles de plusieurs organismes communautaires du quartier Saint-Michel s’affairent à réaliser une structure-sculpture éphémère en bois et en papier mâché. L’installation aura une dizaine de mètres de hauteur et deviendra, à terme, un grand bûcher lors des 3 soirées enflammées des 15-16 et 17 août. Le vaste projet de médiation permet à des jeunes de s’initier aux différentes techniques utilisées, tout en rassemblant la communauté et en célébrant la diversité culturelle. Détails sur le site de la TOHU.

Je serai donc moins assidue sur le blogue, mais j’essaierai de publier quelques articles pour vous partager le développement de la sculpture-structure éphémère élaborée par les Falleros et pour vous raconter comment évoluent nos lanternes poétiques sonores. Déjà je peux vous faire une confidence….. il y a une chanson rap en rédaction. Emmanuel, Orson, Rich, Ronald et Dave ont des tas d’idées qui prennent déjà forme en rimes de façon magnifique…

« OH comme dans TOHU / événement pour les jeunes et les adultes de nos rues / on met de la fierté dans nos sculptures / attendons le plus de monde possible de toutes les cultures. » (Ronald)

À suivre…

C’est l’été! Yé!

« Les bruits du monde »…

2013-06-04-18.58.21_webC’est le Festival de poésie!! Yé!! Pour une fois qu’il y a des activités poétiques dans la journée. Même une petite impression égocentrique que ces lectures diurnes sont là pour toi, pour que tu puisses renouer avec le monde, sortir de chez vous et être un peu dans tes souliers d’avant… mais avec un bébé qui gazouille et mâchouille tous les livres qui lui tombent sous la main. Ben devine quoi? La petite a pogné un virus à la garderie et elle s’est mise à vomir dans la nuit de mercredi à jeudi. Tu te dis : « j’ai beau être organisée, chaque imprévu est comme une roche dans l’engrenage. » Tu te dis aussi que t’aurais bien aimé avoir mangé ton sandwich avant qu’elle vomisse dans sa chaise haute.

C’est là que tu tombes sur le texte de Claude Jasmin, pis tu comprends pourquoi t’as mal au coeur. C’est pas le virus qui cause ton malaise, c’est les 42 mentions du mot « race » qui te virent à l’envers. Tu sais que tu devrais relire le texte en question avant d’écrire ces lignes. Juste pour vérifier que t’as bien lu et que le mal de coeur a pas trop teinté ta lecture. Mais juste d’y penser. Ark! Heureusement qu’Aurélie Lanctôt a publié une réplique. Ça crée un équilibre dans tes fluides, ça efface presque le goût de vomi dans ta bouche. Bien sûr, le problème c’est pas la question de la fierté par rapport à l’identité, ce qui te dérange c’est le sous-texte qui sent l’exclusion, l’agressivité dans le ton, les « nous autres » pis les « vous autres » qui divisent en deux camps. Les opinions sont plus nombreuses et plus nuancées, à l’image de la diversité qui compose la société québécoise d’aujourd’hui. Mais qu’est-ce que j’en sais? Je ne suis qu’une « déracinée contente », qui a de la famille à Montréal, à Québec, à Rimouski et au Mali. J’ai toujours pensé que l’altérité faisait partie de mon identité, en ce sens que l’Autre participe à ma (dé)construction et que c’est beaucoup au contact de l’Autre que j’ai appris à me connaître. Ça doit être mon petit côté bipolaire j’imagine.

Ça te fait penser à l’incident Mario Jean-Boucar Diouf. Encore cette question de « choisir son camp ». Bien sûr, dans les deux cas, il ne s’agit pas du même camp. Jasmin oppose l’homme de « race française d’Amérique du nord » aux « altermondialistes déracinés » et les pourfendeurs de Boucar, qui représentent une forme « d’intégrisme de la race« , s’opposent à ce qu’ils nomment « l’esclave de maison ». Dans les deux cas on semble entendre en écho : « sois fier de ta race et défends-la », « t’es avec nous autres ou contre nous autres ». Comme si la différence supposait nécessairement une opposition plutôt qu’une complémentarité, une menace plutôt qu’une richesse. Comme si on ne pouvait pas, à la fois être fier de ses origines et ouvert aux autres cultures, être contre l’homophobie même si on n’est pas gai, être féministe même si [surtout si] on est un homme. Il est grand temps que nous réalisions qu’il n’y a pas deux camps, mais un seul et qu’il faut tous lutter ensemble contre toutes les discriminations et ces stéréotypes construits socialement. Après tout, le concept même de « race » ne fait pas l’unanimité [l’humanité].

Il est donc important de dire que nous pouvons certainement reconnaître des différences entre populations mais qu’elles sont graduelles et suivent des gradients géographiques, qu’elles n’impliquent pas de jugements de valeur, et qu’elles sont relativement moins importantes que d’autres différences observées au sein de chacune d’elle. Par conséquent, la notion de races a perdu aujourd’hui toute valeur scientifique, même si elle peut conserver une signification sociale d’identification. La position juste vis‑à‑vis du racisme n’est pas de nier les différences entre populations, qui existent en effet, ni de nier le besoin de l’homme de s’identifier à un groupe, qui est un besoin indéniable, mais de s’assurer que les divers groupes de personnes aient les mêmes accès aux ressources, qu’aucun groupe en tant que tel, ni aucun individu ne soit discriminé.

Être différents est donc dans notre nature humaine (et même animale), être différents n’est pas un signe d’inégalité, la grosse majorité des différences résidant d’ailleurs plus au sein des populations qu’entre celles‑ci. (Jean Deligne, Esther Rebato et Charles Susanne, Races et racisme, Journal des anthropologues)

Et on tire sur Boucar à grands coups de boulets blackface. Le sujet est sensible et pour cause. Mais, comme le souligne Patrick Lagacé, est-ce qu’on place notre indignation au bon endroit? Boucar Diouf travaille à tisser des liens entre les cultures depuis 20 ans! Je ne suis pas certaine de comprendre le pourquoi du procès d’intention.

Le « vivre-ensemble » passe nécessairement par l’inclusion et s’il ne fait aucun doute que Boucar Diouf fait partie de la famille des humoristes, l’intégration ne semble pas aussi évidente pour tous. Toujours 40 000 sans-papiers à Montréal!! Alors, lors de mes bons jours, je vois le travail admirable mené par toutes ces organisations communautaires et culturelles, qui offrent des services aux nouveaux arrivants et qui participent au dialogue interculturel. Je m’enthousiasme de voir autant de couples mixtes, le métissage à l’oeuvre, le « métissé serré » comme dit Boucar. Les moins bons jours par contre, je me désole de voir que nous partageons plus nos espaces publics que nos espaces privés, vivant en parallèle, de façon courtoise, mais sans se voisiner vraiment. Nous valorisons l’éducation dans le processus d’immigration sans tenir compte des diplômes, sans fournir d’équivalences ou valoriser les expériences. Au dernier colloque de La Maisonnée sur la situation des femmes immigrantes, nous apprenions que ça prend 20 ans, à compétences égales, pour qu’une nouvelle arrivante ait les mêmes conditions de travail que son homologue québécoise. Est-ce qu’on s’indigne de voir un médecin devenir boucher et une ingénieure ouvrir un service de garde? Il n’y a évidemment pas de mal à être boucher ou éducatrice, mais est-ce qu’on apprécie les compétences et les expériences de chacun à leur juste part? Est-ce qu’on permet aux gens de s’épanouir, de gagner leur pain et de participer à la vie active de la société?

Pour se réconforter heureusement il y a la poésie et celle de Mémoire d’encrier fait dans le métissage des voix et dans la célébration de la diversité, comme autant d’étoiles poétiques. Peut-être le meilleur endroit pour trouver des réponses et du sens…

DEMAIN DANS L’EFFORT (extrait)
Je ne bouge plus, je suis soudée dans l’angle des morts, ma chair libérée de toute complaisance, dans le silence des autres, je survis, je vois, un trou béant à la place du coeur, je porte mon exil comme une baïonnette à la boutonnière, enfoncée jusqu’au yeux, je deviens invisible, je suis votre transparence.

comme une enfant malade
qui ne sait pas encore
qu’il aura de la fièvre et qu’on le bercera
dans le giron du monde
la nausée est facile
à découdre le jour

d’un clocher à l’autre
le poids du bourdon
quand le tympan éclate
que tu t’ensevelis
par les interstices de la douleur
surgit ta plainte

et si tu ne peux détourner la tête
reste sur le bord
ta seule liberté
est de fermer les yeux
et de garder les larmes
et périphérie de la chite
pour que ça arrête
il aurait fini
par t’entendre

je veux dire par là
qu’on se comprenne bien

un seul mot

je ne te raconte pas
(Violaine Forest, Les bruits du monde, Mémoire d’encrier)

Un peu l’impression de jongler avec une patate chaude en abordant ces questions sensibles et explosives. En espérant n’avoir froissé personne avec des mots, imparfaits par définition.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=XM_ordcVm-o?rel=0&w=560&h=315]

Spectacle GROUPE POÉSIE COMBATTANTE

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SPECTACLE-BÉNÉFICE

Le 30 juin en formule 5@7, spectacle-bénéfice au bar Les Pas Sages pour la publication des recueils de Chantal Bergeron et de Mizaël Bilodeau avec GROUPE POÉSIE COMBATTANTE . Avec Cédric Arlen-Pouliot, Chantal BergeronAnne-Marie Desmeules, Sébastien Lamarre et David Riffin. Une occasion d’encourager l’auto-publication en achetant vos copies des recueils en pré-vente et d’assister aux spectacles Les risques de l’aléatoire et Dislocation.

LES RISQUES DE L’ALÉATOIRE
Duo expérimental d’improvisation qui allie poésie concrète et musique abstraite. Ce spectacle n’étant pas écrit, il ne pourra être répété. Ces acrobates poétiques feront les funambules au-dessus du vide et du silence.

DISLOCATION
Spectacle alliant poésie, mise en scène et vidéo et explorant les lieux réels rendus fictifs par le souvenir. Une réflexion sur l’effet du passage du temps et des actes humains sur la matière ainsi que sur l’influence des mots et de la matière sur l’esprit humain.

Au plaisir!