Tag Archives: poésie sonore

Médiations

Souvenirs de LA FALLA 2013 — HLM

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Concentrés devant la vidéo de LA FALLA 2010

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Emmanuel nous explique son travail de fallero

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Dans le gazebo au HLM Emmaüs avec Louise, Adèle, Claudette et Marcel

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Des participants habitués avec la peinture au HLM Des Carriers

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La belle visite de Joséphine Bacon

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C’est le temps de modeler des soleils au HLM Des Carriers

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Élucille nous chante des airs en créole

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Moulage avec madame Titouan et Micheline

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Enduit de plâtre avec Ginette

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« Le calme bleu du paradis » avec Nicole, Madeleine et Ginette

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Devant les poèmes écrits pour chacun des HLM

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Participants du HLM Des Carriers présents au vernissage

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Participants du HLM Emmaüs présents au vernissage

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Participants du HLM Laure-Conan présents au vernissage

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Participants du HLM Bruchési présents au vernissage

DSCN1885_webphotos (c) Patricia Bergeron et Micheline Gravel

Médiations

Aujourd’hui j’ai tué un oiseau

Aujourd’hui j’ai tué un oiseau. Je revenais d’aller porter la petite à la garderie et en me stationnant j’ai entrevu un pigeon, puis, plus de pigeon. J’ai reculé et voilà l’oiseau qui était devant mon pare-choc à battre des ailes sans pouvoir s’envoler. Après un moment à dialoguer avec le pigeon pour le convaincre de partir, je suis allée me stationner ailleurs. Je suis ensuite revenue vers l’oiseau pour essayer de l’aider et bien sûr, j’étais plus une nuisance qu’une aide. Le pigeon redoublait de battements d’ailes pour essayer de s’éloigner de moi, nerveux à mort et incapable de s’enfuir. Il arrivait à se soulever du sol, mais retombait aussitôt. Alors j’ai appelé AnnieC en panique pour savoir qu’est-ce qu’on fait avec un oiseau blessé. Elle cherchait le numéro de SOS-l’aile à plat, tandis que je surveillais le pigeon de mon balcon, inquiète de voir le chat du voisin qui commençait à rôder autour. J’ai réussi à rejoindre quelqu’un qui m’a dit que personne ne pouvait se déplacer pour venir chercher l’oiseau, mais que je pouvais le mettre dans un sac de plastique et l’apporter à la SPCA. Honnêtement, je me voyais mal conduire avec un oiseau dans un sac sur le siège passager. J’avais cette image d’oiseau qui bat des ailes dans l’habitable de l’auto (pas la mienne) tandis que j’essaie de me protéger les yeux des coups de bec et de griffes. Elle m’a alors suggéré d’aller porter l’oiseau dans un parc. Elle disait : « si l’oiseau arrive à voler, ce n’est probablement qu’un problème neurologique. » Autrement dit, l’oiseau est sonné, s’il arrive à se calmer et à se reposer il pourra sans doute s’envoler de nouveau d’ici quelques heures, si le chat ne le mange pas d’ici là. Je suis donc partie avec une serviette de bain, j’ai fait « ouich-ouich » au chat et j’ai pris l’oiseau tout contre moi. Il était nerveux (quins!) et battait si fort des ailes qu’il s’est échappé et est tombé par terre. Mmmm pas sûre que c’est bon pour ta neurologie de faire une chute de cinq pieds. Je lui ai trouvé un coin tranquille dans la parc. Il s’est mis à voler plus haut que je ne l’avais jamais vu voler et puis il a piqué du nez et et venu s’écraser la tête dans le gazon. J’ai alors décidé de retourner chez moi pour le laisser se reposer.

Lorsque je suis revenue, l’oiseau était toujours dans la même position, raide mort avec des mouches. Comme quoi, lorsqu’on veut aider, parfois on fait plus de tort que de bien. #mavieestunfilm

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C’était la fin des ateliers cette semaine. Nous avons sablé nos bas-reliefs, avons mis une couche d’apprêt et avons ensuite mis des couleurs qui ont donné vie à nos lanternes. Nous avons eu la visite de Franz Benjamin et d’Anie Samson, respectivement conseiller municipal et mairesse de l’arrondissement, dans deux HLM. Nous avons investi les tissus d’écritures et de peinture. Nous avons terminé l’assemblage des lanternes à l’atelier de la TOHU. Nous avons fait le montage de l’exposition avec cartels, photos, lumières, bande-son. À minuit moins une nous étions prêts pour le vernissage. Plusieurs aînés se sont déplacés pour voir le diaporama de Patricia, qui récapitulait cette belle aventure de 5 semaines. Chacun est allé mettre son souhait dans le personnage-jumeau de la sculpture-structure qui brûlera demain, le 17 août. Nous avons mangé des biscuits et pris un thé ensemble. Les gens sont venus me parler. Quelqu’un m’a dit : « je vous remercierai jamais assez. Moi je suis bonne avec les enfants, mais je suis pas ben bonne avec les adultes d’habitude ». Quelqu’un m’a dit : « j’étais pas trop certaine au début quand vous êtes arrivée, mais c’est très beau ce qu’on a fait ». Quelqu’un m’a dit : « il faut revenir faire des activités avec nous autres l’an prochain ». Quelqu’un m’a dit : « notre groupe est plus fort à cause d’activités comme ça ». Quelqu’un m’a dit : « je sais pas si je serai là l’an prochain. J’ai des problèmes de coeur, de cholestérol. Il y a des risques que je fasse un ACV. »

Comme je l’ai dit aux participants, la poésie peut s’inspirer d’images, de sons, d’odeurs, mais la rencontre et l’humanité sont ce qui la nourrissent d’abord. J’aimerais remercier du plus profond de mon cœur les gens qui ont participé à cette aventure de lanternes poétiques. Patricia Bergeron (médiatrice culturelle de la TOHU), Micheline Gravel (intervenante de milieu), Charles-Hugo Duhamel et toute son équipe (grand manitou de l’équipe terrain de LA FALLA), les falleros, Élodie Choqueux et toute l’équipe de la TOHU (coordonnatrice de LA FALLA) et surtout, les participants des HLM Des Carriers, Laure-Conan, Bruchési et Emmaüs. Merci pour votre générosité, votre ouverture et votre créativité.

Je laisse à chacun des HLM un poème inspiré de notre rencontre et je ne vous dis pas « au revoir », mais bien, à la prochaine…

HLM EMMAÜS
Lanterne de plumes 

Nous pensons que les choses que nous ne voyons pas n’existent pas. On ne visite pas les sites d’enfouissement pour croire que nos poubelles disparaissent comme par magie. On ne voit pas les réserves amérindiennes. On ne voit pas les carcasses d’animaux des abattoirs. On ne voit pas les rivières de pétrole déversé.

Mais les oiseaux voient tout du haut des airs.
Nos cockatiels ne sont pas aveugles.

Parfois je crois que je suis invisible moi-même. Ça me permet d’oublier mon visage. Ainsi vous ne voyez pas mon vernis écaillé. Vous ne voyez pas mes bas dépareillés. Vous ne voyez pas ma tristesse. Vous ne savez pas que j’aime mâcher la menthe de votre jardin. Derrière cette non-existence, je me déguise en oiseau pour voler la saison d’été. Un oiseau-parachute, porteur d’histoires, gardien d’une mémoire malléable et captive. Une mémoire gardée dans une boîte, ouverte au hasard d’une conversation. Sucres d’orge et souhaits s’envolent. Unisson.

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La semaine prochaine semblera vide sans vous. Jamais facile de faire le deuil d’une belle expérience intense de groupe. J’imagine que c’est un peu la même chose pour les falleros et les artistes professionnels qui ont travaillé sur la sculpture-structure. Comme un mélange de fierté de voir le travail accompli, de fatigue et de tristesse à cause de la fin.

Le lien vers la bande-son poétique qui accompagnait nos lanternes…

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crédits de la bande-son:
textes
– Mon père ne chante plus – Franz Benjamin* dit par Marc
– Nikuss – Naomi Fontaine* dit par Denise
– Cultivo una rosa blanca – José Marti dit par Josephina
– L’odeur de feu des routes – Laure Morali* dit par Céleste
– Recette de bonbons d’orge de soeur Delia Marie dit par Annette
– Les silences du monde – José Acquelin* dit par madame Thi Thoan
– Le coeur de la terre – Shirley dit par Shirley
– Bruits du nord – Jean Désy* dit par Marcel
– Prière bouddhiste dit par Athi
– La terre de ma langue – Manon Nolin* dit par Nicole
– Le bruit de la vie – Joséphine Bacon* dit par Ginette
* avec l’autorisation de Mémoire d’encrier

voix
Avec les voix des aînés-lumières des HLM Des Carriers, Laure-Conan, Bruchési et Emmaüs et la participation de Franz Benjamin et de Joséphine Bacon

montage sonore
Chantal Bergeron LUNETTES ROSES à partir des enregistrements faits sur place, des oiseaux de Simon Dumas et d’échantillons sonores de freesound.org (4211__dobroide__fire-crackling, 17726_suonho_ELEMENTS_WATER_01_Underwater, 17729__royal__cavern-wind, 29585__willpio__coeur, 133424__gerardhadders__excavation)

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Difficile de dormir le soir venu lorsque t’a pris un oiseau mort dans tes bras, que t’as vu la fin d’un projet rempli de sens et que quelqu’un t’a parlé de sa propre mort, comme d’une éventualité non souhaitée, mais imminente. « La vie est plus forte que la mort », c’est certain, mais à la fin, c’est toujours la mort qui gagne. « Brûle FALLA brûle. Brûle FALLA brûle. » On verra ce qui naîtra des cendres…

2013-08-15 16.13.47Élodie, Denis, Orsen, Rooldjems, Ronald, Dave, Charles-Hugo, Jenny et Emmanuel

Code Colibri

Si tu sors, je sors

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Chantal Bergeron. « Si tu sors, je sors », CODE COLIBRI

En Afrique de l’Ouest, les vêtements sont taillés dans des tissus magnifiques. Des indigos, des bazins, des bogolans et des tissus pagnes WAX. Les pagnes ont des motifs et des couleurs variés. Ces tissus portent des noms, comme des messages, des histoires à même les trames de fils et de teintures. Un de mes préférés est « si tu sors, je sors ». Le motif de ce pagne est une cage d’oiseau avec la porte ouverte et deux oiseaux qui sortent de la cage. Le message est clair pour monsieur : « si tu sors, je sors ».

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« Ah, t’as une blonde. Non, tu m’en a jamais parlé. Non, non. Pas mal sûre que tu l’as pas mentionnée pendant que j’me tournais la couette. » Nos libidos nous mentent. Ce besoin de mettre des langues à mèches et des sexes dans nos bouches pour combler tous les vides, tous les manques. Se sentir vivant plutôt que corps en jachère. Jamais plus frencher un gars marié. Marie-Madeleine comme dirait Madame Chose. Ce genre de femme-là. Avec ton jugement avalanche dans le regard des autres. Tu t’auto-flagelles la convoitise. Tu finis le bec à l’eau. A-LLO! Yé où le menu? J’cherche une branche où mâcher à tue-tête. Cheville affamée.

À force d’essayer de rabouter notre lien, de nouer le fil que tu cisailles de ta courbature d’échine. T’écharognes le bout de mes doigts, déjà que le vernis s’écaillait à cause de mon acharnement à aimer. Je me rends compte que je ne suis pas dans une cage, mais dans une baleine achalandée. Une cage d’os en quelque sorte. Enchaînée à des chéries en série, duchesse aveugle aux bras surchargés. Si je sors, je me noie. Si je reste, je me noie. Je caresse les vertèbres-barreaux de ma prison d’hiver pis ça me rappelle Prévert. J’envisage un autodafé. Il ne restera que des cendres carnivores. Le désir dans un canot de sauvetage. Quelques enzymes embrassés. Blanc saccage amidonné. Et des chiffons colorés, témoins de chamailles silencieuses. Bûcher. Chagrin de charbon. Cracher le cadenas.

Déjà un moment que j’étais invisible. Je ne t’ai pas dit bonjour la dernière fois que je t’ai vu. Ou si, je t’ai dit bonjour, mais il y avait quand même tout ce non dit. Cette non rencontre. Cette erreur. Des conversations perdues à jamais. Alors si j’vous ai bien compris, vous êtes en train de me dire… à la prochaine fois. Dans deux ans. Toujours sous la neige. Avec ton accent de whisky chevaleresque. Pis moi, en pin-up chevreuil. Pastiche d’un Harlequin canadien. Sauf que je bois pas. J’allaite. VLAN! On se couchera dans la nonchalance d’une chaloupe imaginaire, mais étanche. Étendus sur nos peaux d’échevelés. Pêchant sans souci de la suite. Prêchant ton corps acrostiche. Assaisonné. Saisonnier.

D’un gars pas libre à l’autre. Fini les projets pilotes de couple. Âme omnivore à soir je mange du tartare de baleine. Aidée de mes canines de secours et de ma frontale batailleuse, je sors du ventre noyade. J’éviscère ma colère. À mesure que je m’attaque aux ribs, les fantômes d’os s’évanouissent. Parasite expulsé et toutes ces épées de Damoclès, qui ont laissé des traces sur mon steak. Il n’y a pas d’abonné au numéro que vous avez composé.

Nos corps coagulés. Rêver de cordes de balançoires. De cordes pour puiser l’eau. De cordes de violoncelles. D’une ligne à la mer. D’haubans qui consolident les mâts. Sur la portée inversée, verticale, escalader l’univers des sons. Ne tenir qu’à un brin d’vie. Tenu par l’autre, resté en bas. Qui me regarde en contre-plongée. Et avale le lousse. Une main sur notre lien. Pour me protéger de moi-même.

Médiations

Lanternes poétiques dans la mire

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Dans le cadre du volet médiation culturelle de la Falla 2013, ca y est, on plonge avec nos « aînés-lumières » dans le notre projet de lanternes poétiques. Avec l’aide de Patricia (médiatrice culturelle à LA TOHU), de Micheline (intervenante de milieu dans les 4 HLM de Saint-Michel) et des falleros.

projet de lanternes poétiques – « illuminations »
La poésie est une « fenêtre ouverte », une « illumination » et les poètes et leurs voix poétiques, autant d’étincelles dans le monde. À travers les textes du livre-disque Les bruits du monde, les participants découvrent la parole poétique de différents auteurs, dont certains poètes autochtones et s’inspirent de leur propre lumière intérieure pour fabriquer des lanternes qui s’allumeront lors des festivités de la FALLA les 15-16 et 17 août.

Les Marcel, Adèle, Shirley, Marie-Rose, Rose-Marie, Gilberto, Anette, Maude, Denise, Céleste et j’en passe, nous ont accueillis chez eux et ont écouté attentivement l’histoire-thématique de LA FALLA 2013. Cette légende de la création du monde selon la nation huronne-wendat, qui raconte comment le crapaud a transporté la terre du fond de l’océan pour recouvrir la carapace de la sage tortue afin qu’Aataensic et sa famille puissent y habiter et cultiver le maïs, la courge et les haricots.

Nos gardiens de la lumière et du feu mijotent déjà des idées de capteurs de rêves, de plumes, d’oiseaux-parachutes et de couleurs pour la fabrication des lanternes. Ces lanternes sont à l’image du projet plus ambitieux des falleros. À travers le processus de fabrication de nos lanternes, nous serons amenés à explorer les différentes étapes des projets FALLA : construction d’une structure en bois, modelage de bas-reliefs, moulage et peinture. À ce projet nous ajouterons nos voix, en lisant et en enregistrant des poèmes de différents auteurs du livre Les bruits du monde (Mémoire d’encrier).

Les bruits du monde
Ouvrage collectif dirigé par Laure Morali et Rodney Saint-Éloi, Mémoire d’Encrier
Vingt-neuf auteurs sont parmi nous dans ce livre-disque qui célèbre la rencontre, poursuivant le cycle de la parole, en dehors des identités et des cloisonnements. Voici venir ce temps hors frontières où les femmes et les hommes habitent pleinement le monde et se racontent à travers les fables et rumeurs, Nous et l’Autre… dans la nécessité du vivre-ensemble, confrontant corps, imaginaires et pensées. Serrement de coeurs, de voix afin de donner sens à nos chemins et de nous tenir debout face à l’horizon.

Mémoire d’encrier et Les Éditions Bruno Doucey ont eu la courtoisie de nous donner leur aval pour aller de l’avant avec notre projet artistique. Un merci tout spécial à ces auteurs qui savent nous toucher et nous inspirer avec une parole authentique remplie « d’étincelles » et de « feu » sacré. C’est la lumière de José Acquelin, de Joséphine Bacon, de Jeanne Benameur, de Franz Benjamin, de Jean Désy, de Naomi Fontaine, de Violaine Forest, de Natasha Kanapé Fontaine, de Yvon Le Men, de Laure Morali, de Manon Nolin de Makenzy Orcel, d’Arnaud Pons/Annie Bats, de Rodney Saint-Éloi et de Ouanessa Younsi qui nous guide dans notre projet et qui permet la rencontre des aînés avec LA FALLA et avec la parole poétique.

Un beau projet collectif où les aînés sont accompagnés par les professionnels de LA TOHU, les falleros, des intervenants et des artistes. Un espace pour la parole, la créativité et le grain de sel de chacun. La semaine prochaine nous aurons la visite de Joséphine Bacon. Je vous en redonnerai des nouvelles.

Pendant ce temps, on cirque « complètement » à LA TOHU avec chevaux miniatures et spectacles – les falleros et les professionnels accélèrent le rythme de travail et composent des beats –  les pôles de création des organismes communautaires (le Centre Yves-Thériault, le Centre Gabrielle-Roy, les camps de jours, etc.) se joignent à nous avec d’autres bénévoles – et Camille a rejoint l’équipe pour ajouter de la couleur dans nos vies. À suivre…

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Médiations

Crème solaire, crème-glacée et poésie sonore

Les collaborateurs/amis de LUNETTES ROSES s’agitent pendant l’été. Tandis que Sophie Poifol et Jean-Christophe Diehl parcourent les routes argentines, Annie-C Simard Simard raconte des jokes plates dans un village au Sénégal, Claudia Martel fait le deuil de la Betty-Boop-mobile, Mymy la fourmi s’arrache les cheveux pour essayer d’appliquer sa grille de correction à une copie « singulière », Mélanie Turmel cueille de la fleur d’ail, DJ-MFM coupe une patte à son divan afin de pouvoir le rentrer dans son nouveau salon et Sébastien Lamarre travaille [s’amuse] comme correcteur à l’Épreuve Uniforme de Français…

« Dans le prochain paragraphe, je vais présenter un point de vue contradictoire. »  🙂

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De mon côté, je fais avancer différents dossiers : un projet de conte illustré par le très talentueux Pierre-Yves Diehl, un spectacle-bénéfice pour la publication des recueils CODE COLIBRI (de moi-même!) et J’étais énergumène (Mizaël Bilodeau) chez GROUPE POÉSIE COMBATTANTE, une exposition  de poésie sonore pour le prochain Mois de la poésie et des ateliers de confection de lanternes poétiques avec des aînés de 4 HLM du quartier Saint-Michel dans le cadre du méga projet de médiation culturelle LA FALLA de la TOHU.

Les Falleros, aidés de bénévoles de plusieurs organismes communautaires du quartier Saint-Michel s’affairent à réaliser une structure-sculpture éphémère en bois et en papier mâché. L’installation aura une dizaine de mètres de hauteur et deviendra, à terme, un grand bûcher lors des 3 soirées enflammées des 15-16 et 17 août. Le vaste projet de médiation permet à des jeunes de s’initier aux différentes techniques utilisées, tout en rassemblant la communauté et en célébrant la diversité culturelle. Détails sur le site de la TOHU.

Je serai donc moins assidue sur le blogue, mais j’essaierai de publier quelques articles pour vous partager le développement de la sculpture-structure éphémère élaborée par les Falleros et pour vous raconter comment évoluent nos lanternes poétiques sonores. Déjà je peux vous faire une confidence….. il y a une chanson rap en rédaction. Emmanuel, Orson, Rich, Ronald et Dave ont des tas d’idées qui prennent déjà forme en rimes de façon magnifique…

« OH comme dans TOHU / événement pour les jeunes et les adultes de nos rues / on met de la fierté dans nos sculptures / attendons le plus de monde possible de toutes les cultures. » (Ronald)

À suivre…

C’est l’été! Yé!

Code Colibri

22 mai anamnésie

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INTRANQUILLE
Gras slogans à l’abordage
Sondages anthropophages
Ad nauseam les mêmes images
Ad nauseam
Nausées
À qui Léger Léger pose ses questions?
Quel géant vert sert d’échantillon?
Dans la foule ça crache des pierres sermons
Déontologie en berne
Visages de la loi camouflés de sourires carquois

Le Charest s’en va chassant
Avec son grand fusil d’argent
Visa le rouge, tua le blanc
Oh président tu es méchant
Colibris contre mammouth argentier
Vol en « v » pour la gratuité
D’ici jusqu’au Chili
Des assos conspuent face à la brise
En Grèce, en Espagne, à New York, en Tunisie
Le monde est une toupie

C’est ça ta stratégie pour gagner tes élections?
Silence prétexte, cassette faisandée

L’étudiant vomit le président
qui veut lui voler son cerf-volant
Échafaudages de malversations
Abus, dit le Vérificateur général
Silence vaseux au-dessus des puits
Cours d’Histoire évanouis
Parasites à l’intersections des valeurs
Les missiles Tomahawk virent à 3 heures
Le village épingle sa révolte en carrés
Feutrines ballerines sur les cœurs indignés

Le torrent déferle sans pare-brises
Face au vent réveil

Comme si tout était noir ou blanc
Qu’il n’y avait ni grain, ni diversité
Que le monde était lisse comme un ballon
Que l’opinion n’aboyait que oui ou non
Pour ou contre l’économie ou l’humain
Et que nous n’avions pas le choix
Que nous ne sommes pas « debout »
Que nous sommes déjà morts
Que notre langue est morte
Et que notre voix dort

C’est ce qu’on aimerait nous faire croire
Plongeons dans l’eau, soyons l’eau

200 000 colibris bougent
Manifestent au jour le jour
Avec pancartes bijoux
À coups de placards poèmes
Avançant comme un ruisseau
Qui réveille un courant social à plat
Aplati
Bruissements d’ailes percussives et casseroles auréolées
Dans la vague des pavés de papier
Qui fracassent le sarcasme des vautours éclaboussés

Il faut se méfier des chiffres
Alignés comme des moulins théoriques
Des cafés imaginaires
Des « obligations » pécuniaires
Logique comptable implacable
L’or, l’argent
Les diamants
L’étudiant serre ses 32 rangs dents
Par dessous l’aile il perd son sang

Un  front commun comme une montagne
Rouge

Calendrier solaire manifestif
Tu te tais toujours
Tu ne dis pas bonjour
Tu demandes à l’étudiant rêvant
Quels seront ses premiers règlements?
Abolir C-78
Marcher le jour la nuit
Sans itinéraire fourni
Nus ou habillés
Mais lumineux, lucides, engagés

Attriqués comme des guerriers
Vengeurs masqués
Pour se protéger
Ça sent ça tourne au vinaigre
Désobéissance civile moins violente
Que ton poivre de Cayenne
Tu attends toujours que le mouvement s’essouffle
Que les oiseaux rendent leur dernier souffle
Les haut-parleurs viennent juste de prendre la parole
Les peuples SONT révoltes

Les casseurs sont au nombre de 3
Et quelles images verra-t-on ce soir à TVA?

Quel beau temps sur l’étang pour donner naissance
Mon corps engagé
Mon oisillon joue de la cuillère rouge
Tous les corps engagés
Tout est printemps
Sauf le printemps qui neige à plein ciel
Les chevaux galopent au bout du champ avec des crinières tressées
L’éducation, la santé, la justice sociale, l’assurance emploi, Kyoto…
Comme autant de fils sur un même tissage
Comme autant de plumes sur un même ramage

Trois dames s’en vont les ramassant