Archives par mot-clé : LA FALLA 2013

Souvenirs de LA FALLA 2013 — HLM

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Concentrés devant la vidéo de LA FALLA 2010

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Emmanuel nous explique son travail de fallero

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Dans le gazebo au HLM Emmaüs avec Louise, Adèle, Claudette et Marcel

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Des participants habitués avec la peinture au HLM Des Carriers

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La belle visite de Joséphine Bacon

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C’est le temps de modeler des soleils au HLM Des Carriers

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Élucille nous chante des airs en créole

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Moulage avec madame Titouan et Micheline

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Enduit de plâtre avec Ginette

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« Le calme bleu du paradis » avec Nicole, Madeleine et Ginette

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Devant les poèmes écrits pour chacun des HLM

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Participants du HLM Des Carriers présents au vernissage

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Participants du HLM Emmaüs présents au vernissage

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Participants du HLM Laure-Conan présents au vernissage

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Participants du HLM Bruchési présents au vernissage

DSCN1885_webphotos (c) Patricia Bergeron et Micheline Gravel

Aujourd’hui j’ai tué un oiseau

Aujourd’hui j’ai tué un oiseau. Je revenais d’aller porter la petite à la garderie et en me stationnant j’ai entrevu un pigeon, puis, plus de pigeon. J’ai reculé et voilà l’oiseau qui était devant mon pare-choc à battre des ailes sans pouvoir s’envoler. Après un moment à dialoguer avec le pigeon pour le convaincre de partir, je suis allée me stationner ailleurs. Je suis ensuite revenue vers l’oiseau pour essayer de l’aider et bien sûr, j’étais plus une nuisance qu’une aide. Le pigeon redoublait de battements d’ailes pour essayer de s’éloigner de moi, nerveux à mort et incapable de s’enfuir. Il arrivait à se soulever du sol, mais retombait aussitôt. Alors j’ai appelé AnnieC en panique pour savoir qu’est-ce qu’on fait avec un oiseau blessé. Elle cherchait le numéro de SOS-l’aile à plat, tandis que je surveillais le pigeon de mon balcon, inquiète de voir le chat du voisin qui commençait à rôder autour. J’ai réussi à rejoindre quelqu’un qui m’a dit que personne ne pouvait se déplacer pour venir chercher l’oiseau, mais que je pouvais le mettre dans un sac de plastique et l’apporter à la SPCA. Honnêtement, je me voyais mal conduire avec un oiseau dans un sac sur le siège passager. J’avais cette image d’oiseau qui bat des ailes dans l’habitable de l’auto (pas la mienne) tandis que j’essaie de me protéger les yeux des coups de bec et de griffes. Elle m’a alors suggéré d’aller porter l’oiseau dans un parc. Elle disait : « si l’oiseau arrive à voler, ce n’est probablement qu’un problème neurologique. » Autrement dit, l’oiseau est sonné, s’il arrive à se calmer et à se reposer il pourra sans doute s’envoler de nouveau d’ici quelques heures, si le chat ne le mange pas d’ici là. Je suis donc partie avec une serviette de bain, j’ai fait « ouich-ouich » au chat et j’ai pris l’oiseau tout contre moi. Il était nerveux (quins!) et battait si fort des ailes qu’il s’est échappé et est tombé par terre. Mmmm pas sûre que c’est bon pour ta neurologie de faire une chute de cinq pieds. Je lui ai trouvé un coin tranquille dans la parc. Il s’est mis à voler plus haut que je ne l’avais jamais vu voler et puis il a piqué du nez et et venu s’écraser la tête dans le gazon. J’ai alors décidé de retourner chez moi pour le laisser se reposer.

Lorsque je suis revenue, l’oiseau était toujours dans la même position, raide mort avec des mouches. Comme quoi, lorsqu’on veut aider, parfois on fait plus de tort que de bien. #mavieestunfilm

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C’était la fin des ateliers cette semaine. Nous avons sablé nos bas-reliefs, avons mis une couche d’apprêt et avons ensuite mis des couleurs qui ont donné vie à nos lanternes. Nous avons eu la visite de Franz Benjamin et d’Anie Samson, respectivement conseiller municipal et mairesse de l’arrondissement, dans deux HLM. Nous avons investi les tissus d’écritures et de peinture. Nous avons terminé l’assemblage des lanternes à l’atelier de la TOHU. Nous avons fait le montage de l’exposition avec cartels, photos, lumières, bande-son. À minuit moins une nous étions prêts pour le vernissage. Plusieurs aînés se sont déplacés pour voir le diaporama de Patricia, qui récapitulait cette belle aventure de 5 semaines. Chacun est allé mettre son souhait dans le personnage-jumeau de la sculpture-structure qui brûlera demain, le 17 août. Nous avons mangé des biscuits et pris un thé ensemble. Les gens sont venus me parler. Quelqu’un m’a dit : « je vous remercierai jamais assez. Moi je suis bonne avec les enfants, mais je suis pas ben bonne avec les adultes d’habitude ». Quelqu’un m’a dit : « j’étais pas trop certaine au début quand vous êtes arrivée, mais c’est très beau ce qu’on a fait ». Quelqu’un m’a dit : « il faut revenir faire des activités avec nous autres l’an prochain ». Quelqu’un m’a dit : « notre groupe est plus fort à cause d’activités comme ça ». Quelqu’un m’a dit : « je sais pas si je serai là l’an prochain. J’ai des problèmes de coeur, de cholestérol. Il y a des risques que je fasse un ACV. »

Comme je l’ai dit aux participants, la poésie peut s’inspirer d’images, de sons, d’odeurs, mais la rencontre et l’humanité sont ce qui la nourrissent d’abord. J’aimerais remercier du plus profond de mon cœur les gens qui ont participé à cette aventure de lanternes poétiques. Patricia Bergeron (médiatrice culturelle de la TOHU), Micheline Gravel (intervenante de milieu), Charles-Hugo Duhamel et toute son équipe (grand manitou de l’équipe terrain de LA FALLA), les falleros, Élodie Choqueux et toute l’équipe de la TOHU (coordonnatrice de LA FALLA) et surtout, les participants des HLM Des Carriers, Laure-Conan, Bruchési et Emmaüs. Merci pour votre générosité, votre ouverture et votre créativité.

Je laisse à chacun des HLM un poème inspiré de notre rencontre et je ne vous dis pas « au revoir », mais bien, à la prochaine…

HLM EMMAÜS
Lanterne de plumes 

Nous pensons que les choses que nous ne voyons pas n’existent pas. On ne visite pas les sites d’enfouissement pour croire que nos poubelles disparaissent comme par magie. On ne voit pas les réserves amérindiennes. On ne voit pas les carcasses d’animaux des abattoirs. On ne voit pas les rivières de pétrole déversé.

Mais les oiseaux voient tout du haut des airs.
Nos cockatiels ne sont pas aveugles.

Parfois je crois que je suis invisible moi-même. Ça me permet d’oublier mon visage. Ainsi vous ne voyez pas mon vernis écaillé. Vous ne voyez pas mes bas dépareillés. Vous ne voyez pas ma tristesse. Vous ne savez pas que j’aime mâcher la menthe de votre jardin. Derrière cette non-existence, je me déguise en oiseau pour voler la saison d’été. Un oiseau-parachute, porteur d’histoires, gardien d’une mémoire malléable et captive. Une mémoire gardée dans une boîte, ouverte au hasard d’une conversation. Sucres d’orge et souhaits s’envolent. Unisson.

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La semaine prochaine semblera vide sans vous. Jamais facile de faire le deuil d’une belle expérience intense de groupe. J’imagine que c’est un peu la même chose pour les falleros et les artistes professionnels qui ont travaillé sur la sculpture-structure. Comme un mélange de fierté de voir le travail accompli, de fatigue et de tristesse à cause de la fin.

Le lien vers la bande-son poétique qui accompagnait nos lanternes…

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crédits de la bande-son:
textes
– Mon père ne chante plus – Franz Benjamin* dit par Marc
– Nikuss – Naomi Fontaine* dit par Denise
– Cultivo una rosa blanca – José Marti dit par Josephina
– L’odeur de feu des routes – Laure Morali* dit par Céleste
– Recette de bonbons d’orge de soeur Delia Marie dit par Annette
– Les silences du monde – José Acquelin* dit par madame Thi Thoan
– Le coeur de la terre – Shirley dit par Shirley
– Bruits du nord – Jean Désy* dit par Marcel
– Prière bouddhiste dit par Athi
– La terre de ma langue – Manon Nolin* dit par Nicole
– Le bruit de la vie – Joséphine Bacon* dit par Ginette
* avec l’autorisation de Mémoire d’encrier

voix
Avec les voix des aînés-lumières des HLM Des Carriers, Laure-Conan, Bruchési et Emmaüs et la participation de Franz Benjamin et de Joséphine Bacon

montage sonore
Chantal Bergeron LUNETTES ROSES à partir des enregistrements faits sur place, des oiseaux de Simon Dumas et d’échantillons sonores de freesound.org (4211__dobroide__fire-crackling, 17726_suonho_ELEMENTS_WATER_01_Underwater, 17729__royal__cavern-wind, 29585__willpio__coeur, 133424__gerardhadders__excavation)

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Difficile de dormir le soir venu lorsque t’a pris un oiseau mort dans tes bras, que t’as vu la fin d’un projet rempli de sens et que quelqu’un t’a parlé de sa propre mort, comme d’une éventualité non souhaitée, mais imminente. « La vie est plus forte que la mort », c’est certain, mais à la fin, c’est toujours la mort qui gagne. « Brûle FALLA brûle. Brûle FALLA brûle. » On verra ce qui naîtra des cendres…

2013-08-15 16.13.47Élodie, Denis, Orsen, Rooldjems, Ronald, Dave, Charles-Hugo, Jenny et Emmanuel

Rap de LA FALLA 2013

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Falla Falla un projet de renaissance
têtes ensemble
on investit nos connaissances
Falla Falla un projet de renaissance
têtes ensemble
on investit nos connaissances
on amplifie nos compétences
en quatre mois le projet sera complété
et partira en fumée
dis-moi qu’est-ce t’en penses

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
dis-moi qu’est-ce t’en penses
dis-moi qu’est-ce t’en penses yeah

C’est comme un enchaînement du début à la fin
on reste unis sans aucun serment
nos professionnels excellents
nos talents sont écoeurants
nos produits sans faute
source de motivation
le 17 août que d’l’action
on dirait un parc d’attractions
du plus jeune au plus grand
venez en grand nombre
projet Falla le terrain de la TOHU il faut qu’on comble
une ancienne tradition
les plans sur papiers
mis à exécution
une structure de 30 mètres
qu’on a pour mission
très efficaces
même lorsqu’on travaille sous pression
une famille
même si on n’habite pas tous le même toit
tout le monde s’adaptent
et exécutent plusieurs tâches à la fois
malgré vos émotions
brûler la structure on n’a pas le choix
meilleure chance la prochaine fois
nah! je ne pense pas
projet de renaissance
le brûler c’est une nécessité
faites-moi confiance
une nouveauté à chaque année
un nouveau thème à chaque année
les falleros vont se propager
oui, c’est obligé

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
dis-moi qu’est-ce t’en penses
dis-moi qu’est-ce t’en penses yeah

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt
nous on se la pète trop
2013 est-ce qu’on ce la fait gros
on a mis du coeur
on travaille comme des pros
nous les falleros
on n’a pas pris ça trop tendu
2-3 coups de marteau
on arrangeait tous les malentendus
le 17 août on sera tous en Falla
à la Falla Falla
dis-moi si t’es là
dis-moi, est-ce que j’peux compter sur toi
À chaque été du nouveauté
les falleros sont tous nouveaux
Falla un projet de renaissance
on investit nos connaissances
tous ensemble en accueillant des nouvelles expériences
dis-moi qu’est-ce t’en penses
la structure comme récompense

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
dis-moi qu’est-ce t’en penses
dis-moi qu’est-ce t’en penses yeah

crédits 
*textes : Ronald Estimé, Tche-Guevara Saint-Jean et Richecard Mésidor
*voix : Ronald Estimé, Tche-Guevara Saint-Jean, Richecard Mésidor, Rooldjems Gedna et l’équipe de LA FALLA 2013
*beat : Kyu Tracks & Sourze Musik
*montage sonore : Chantal Bergeron LUNETTES ROSES à partir des enregistrements faits sur place et d’un échantillon sonore de freesound.org (42937__agfx__elec-hand-drill-drilling-metal-rough-2)

FESTIVITÉS DE LA FALLA LES 15-16-17 AOÛT, INFORMATIONS SUR LE SITE DE LA TOHU!!

La main à la pâte et poésie on the side…

Je suis en train de lire Testament de Vickie Gendreau. Tu te dis que je suis en retard dans mes lectures. Ben oui, je suis en retard d’un an. Chu en retard pis j’ai mal au ventre et aux poumons. Est-ce ma fibre hypocondriaque qui me rappelle le goût de ma propre mort, ma propre finalité? Est-ce l’empathie littéraire? Est-ce le fait de savoir que Vickie Gendreau n’est plus?

Tout est impératif maintenant dans ma vie. C’est probablement la dernière peine d’amour que je vis. Ça fait mal les dernières fois, c’est vulgaire la vie. J’aimerais au moins pouvoir chiller pendant quelques semaines dans la bibliothèque avec Genet et Guyotat. Je ne vous casserai pas trop les oreilles. Mes histoires ne fonctionnent jamais C’est pour ça que j’aime la poésie, c’est toujours infini. Les gens qui finissent leurs poèmes par un point, je m’en méfie.

Ça sent l’autofiction, mais tout le monde fait de l’autofiction. Chacun ne parle que de soi au final et de l’autour de soi. Même Tolkien dans le Seigneurs des Anneaux avec sa phrase célèbre : « Bilbo le Hobbit, c’est moi. » On parle de notre passé et de ce qui s’en vient. Des prophéties-trash-égocentriques-d’humains-craquelés. Parce qu’il n’y a qu’une seule issue pour tous et que la tragédie est ambiante et spectacle. C’est pour ça que les gens vont à Lac Mégantic et qu’ils s’arrêtent au dépanneur pour demander au commis : « c’est où le meilleur point de vue pour observer la zone rouge? » La tragédie est ambiante et spectacle.

Je me promène et je vois un oisillon tombé de son nid qui se fait bouffer par une centaine de mouches – une fenêtre ouverte avec un mur tapissé de femmes nues. À la radio on annonce qu’une femme de 67 ans s’est fait battre à mort sur la rue Saint-Laurent par un homme à qui on venait de refuser l’accès dans un bar. Ça goûte la nicotine dans ma bouche pis je fume pus depuis 5 ans. La gorge nouée.

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2013-07-12-12.52.04_webmaquette de Charles-Hugo Duhamel

Sur une note plus joyeuse, toujours dans le cadre du projet de médiation de LA FALLA 2013, nous avons commencé à mettre la main à la pâte (à la colle!) avec nos participants de 3 HLM. Nous avons modelé des motifs de bas-reliefs pour orner les panneaux de nos lanternes et recouvert le tout de papier falla. D’un HLM à l’autre les projets sont différents et se personnalisent. Les participants de Des Carriers font des soleils haïtiens. Élucille – Marie-Vénus – Emma – monsieur Coulanges – Maude… les humains se multiplient à chaque séance.

Fanal
Ti-moun se promène nus pieds avec son fanal
ses fanaux
comme une veillée aux chandelles
une procession ludique
un chemin écho tracé de soleils-soirées
une guirlande de maisons de soie
des frères arc-en-ciel : blanc, jaune, noir, rouge
qui éclairent une nuit noire de lune ronde
une nuit chaude
pour écrire des phares-acrostiches
à la lueur de réverbères de papier
à la lumière de feux d’artifices
des bougies baleines
qui remplacent l’électricité
verre d’étoile orangée
fermer les yeux
le mot « soleil » chuchoté

Les participantes de Laure-Conan ont travaillé à partir de moules. Annette nous a raconté comment elle avait appris à faire des sucres d’orge à seize ans avec l’aide d’une soeur. Cette même soeur lui a légué sur son lit de mort ses moules en métal et un livre de recettes. Des recettes patrimoniales de beignes, de sirop contre la grippe, de ketchup de fruits. Un livre magnifique aux pages jaunies écrit à la main, à plusieurs mains. Avec une Sainte Vierge en couverture, plastifiée avec des coutures. Un trésor de souvenirs et d’émotions.

Enfin, à Emmaüs, les motifs étaient variés : arbre – pizza – capteur de rêves – visage. C’est beau de voir comment les gens qui terminent en premier donnent un coup de main à ceux qui sont plus lents, moins habiles ou qui ont des projets plus ambitieux. Ainsi on s’assure que le travail de tous est terminé à temps à l’aide d’une sympathique solidarité.

2013-07-24-12.47.40_webDu côté des chapiteaux, les structures avancent, les personnages se multiplient aussi et les canards passent aux pinceaux. Le tout est INCROYABLEMENT beau et les gens s’investissent tellement dans le boulot qu’il y a fort à parier qu’ils ne voient même plus l’étendue de la beauté et du travail générés. Les professionnels et les falleros se concentrent sur tout ce qu’il reste encore à faire. Le temps commence à être moins présent. L’embrasement c’est pratiquement demain! Serez-vous avec nous pour les journées du 15-16-17 août? Programmation disponible sur le site de la TOHU et sur la page facebook de LA FALLA 2013. Fête au village le jeudi 15 août – Soirée urbaine métissée le vendredi 16 août – Clotûre de LA FALLA le samedi 17 août à partir de 17 heure.

La semaine prochaine je vous raconte le mythe de la création du monde selon les Hurons-Wendat qui est à l’origine de la thématique de LA FALLA de cette année…

FALLA 2013, la suite en sueurs…

2013-07-18-12.47.31_webToujours dans le cadre du volet médiation de la FALLA 2013, nous avons eu la chance de visiter les HLM avec la poète autochtone Joséphine Bacon. Joséphine (Bibitte pour les intimes!) a été généreuse en anecdotes. Son parcours de vie l’a amenée de Pessamit à Mani-Utenam, puis à Québec et à Montréal. Elle nous a parlé du mode de vie des Innus avant et après les pensionnats. De vie nomade, de portage et de canots d’écorce. Des tourbières et de gelée de chicoutais. De l’étendue du territoire. De tentes qui tremblent. Des animaux à fourrures, des animaux qui volent et des animaux aquatiques. Elle nous a raconté la création du monde selon les Innus et l’histoire de chasse des oiseaux d’été. À travers ça, quelques poèmes dit comme des prières et des échanges interculturels sur la langue créole, sur l’immigration et sur le bouddhisme. Riche semaine. Les aînés-lumières ont commencé à jeter de l’encre sur le papier, un remue-méninges poétique avec des perles comme : « verre d’étoile orangée », « le coeur qui bat brisé, n’importe quoi », « âme nouvelle – feux follets », « tout noir, plus sombre la terreur », « éclaire la vie, la terre, l’amour », « les flammes qui dansent ». La semaine prochaine nous mettrons la main à la pâte. Nous commençons le modelage des bas-reliefs et la peinture d’écriture sur nos tissus.

2013-07-18-13.10.22_webPendant ce temps, sous les chapiteaux il faisait très chaud. Malgré la température et les pluies violentes qui ont débordé dans les tentes et qui se sont attaquées aux couleurs éclatantes de Camille; le travail continue. La tortue a revêtu sa robe verte – un groupe de jeunes autochtones du Centre d’amitié est venu porter main forte aux falleros et s’est affairé à peindre les vagues et des canards se sont faits clouer le bec à la perceuse par Mélissa. Parmi ces abeilles, je vous présente Jenny, notre seule et unique fallera dans un groupe de 7 falleros. Jenny manie les outils aussi bien que ses collègues masculins et comme elle le dit elle-même, elle n’a pas besoin qu’on lui coupe son bois!

Véritable travail collectif, vous voyez ci-dessous MES magnifiques fleurs. J’ai travaillé à la construction de ces fleurs avec l’aide du grand manitou, Charles-Hugo Duhamel. Après avoir assemblé une première fleur de bois et de carton, nous avons apporté les ajustements nécessaires et avons produit deux autres fleurs similaires avec l’aide de Marie-France. Marie-France a ensuite pris le relais pour l’application du papier falla avec, notamment, Claudia. Un enduit de plâtre a ensuite été ajouté, par Dave, si je ne m’abuse et après le sablage, Camille est venue finaliser ces belles hémérocalles en apposant les couleurs à l’aérographe. Comme je le disais, une véritable oeuvre collective où les fleurs (et tout le reste de la structure-sculpture éphémère) sont le travail de tous et chacun. Mes fleurs en même temps que les fleurs de Charles-Hugo, de Marie-France, de Claudia, de Dave, de Camille et de toutes ces personnes (professionnels, falleros, bénévoles) qui participent à ce projet de médiation plus grand que nature.

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Lanternes poétiques dans la mire

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Dans le cadre du volet médiation culturelle de la Falla 2013, ca y est, on plonge avec nos « aînés-lumières » dans le notre projet de lanternes poétiques. Avec l’aide de Patricia (médiatrice culturelle à LA TOHU), de Micheline (intervenante de milieu dans les 4 HLM de Saint-Michel) et des falleros.

projet de lanternes poétiques – « illuminations »
La poésie est une « fenêtre ouverte », une « illumination » et les poètes et leurs voix poétiques, autant d’étincelles dans le monde. À travers les textes du livre-disque Les bruits du monde, les participants découvrent la parole poétique de différents auteurs, dont certains poètes autochtones et s’inspirent de leur propre lumière intérieure pour fabriquer des lanternes qui s’allumeront lors des festivités de la FALLA les 15-16 et 17 août.

Les Marcel, Adèle, Shirley, Marie-Rose, Rose-Marie, Gilberto, Anette, Maude, Denise, Céleste et j’en passe, nous ont accueillis chez eux et ont écouté attentivement l’histoire-thématique de LA FALLA 2013. Cette légende de la création du monde selon la nation huronne-wendat, qui raconte comment le crapaud a transporté la terre du fond de l’océan pour recouvrir la carapace de la sage tortue afin qu’Aataensic et sa famille puissent y habiter et cultiver le maïs, la courge et les haricots.

Nos gardiens de la lumière et du feu mijotent déjà des idées de capteurs de rêves, de plumes, d’oiseaux-parachutes et de couleurs pour la fabrication des lanternes. Ces lanternes sont à l’image du projet plus ambitieux des falleros. À travers le processus de fabrication de nos lanternes, nous serons amenés à explorer les différentes étapes des projets FALLA : construction d’une structure en bois, modelage de bas-reliefs, moulage et peinture. À ce projet nous ajouterons nos voix, en lisant et en enregistrant des poèmes de différents auteurs du livre Les bruits du monde (Mémoire d’encrier).

Les bruits du monde
Ouvrage collectif dirigé par Laure Morali et Rodney Saint-Éloi, Mémoire d’Encrier
Vingt-neuf auteurs sont parmi nous dans ce livre-disque qui célèbre la rencontre, poursuivant le cycle de la parole, en dehors des identités et des cloisonnements. Voici venir ce temps hors frontières où les femmes et les hommes habitent pleinement le monde et se racontent à travers les fables et rumeurs, Nous et l’Autre… dans la nécessité du vivre-ensemble, confrontant corps, imaginaires et pensées. Serrement de coeurs, de voix afin de donner sens à nos chemins et de nous tenir debout face à l’horizon.

Mémoire d’encrier et Les Éditions Bruno Doucey ont eu la courtoisie de nous donner leur aval pour aller de l’avant avec notre projet artistique. Un merci tout spécial à ces auteurs qui savent nous toucher et nous inspirer avec une parole authentique remplie « d’étincelles » et de « feu » sacré. C’est la lumière de José Acquelin, de Joséphine Bacon, de Jeanne Benameur, de Franz Benjamin, de Jean Désy, de Naomi Fontaine, de Violaine Forest, de Natasha Kanapé Fontaine, de Yvon Le Men, de Laure Morali, de Manon Nolin de Makenzy Orcel, d’Arnaud Pons/Annie Bats, de Rodney Saint-Éloi et de Ouanessa Younsi qui nous guide dans notre projet et qui permet la rencontre des aînés avec LA FALLA et avec la parole poétique.

Un beau projet collectif où les aînés sont accompagnés par les professionnels de LA TOHU, les falleros, des intervenants et des artistes. Un espace pour la parole, la créativité et le grain de sel de chacun. La semaine prochaine nous aurons la visite de Joséphine Bacon. Je vous en redonnerai des nouvelles.

Pendant ce temps, on cirque « complètement » à LA TOHU avec chevaux miniatures et spectacles – les falleros et les professionnels accélèrent le rythme de travail et composent des beats –  les pôles de création des organismes communautaires (le Centre Yves-Thériault, le Centre Gabrielle-Roy, les camps de jours, etc.) se joignent à nous avec d’autres bénévoles – et Camille a rejoint l’équipe pour ajouter de la couleur dans nos vies. À suivre…

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