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Chronique

CABANE – constructions éphémères

ma cabane au canada
est blottie au fond des bois
on y voit des écureuils
sur le seuil
si la porte n’a pas de clé
c’est qu’il n’y a rien à voler
sous le toit de ma cabane au canada
elle attend engourdie sous la neige
elle attend le retour du printemps…

La semaine dernière je travaillais sur le site de l’événement CABANE. CABANE, un concours d’installations-constructions éphémères, qui avait lieu pendant la foire commerciale de l’Avenue Mont-Royal au coin des rue Mentana et Boyer (ancien site de la station d’essence ESSO). J’avais pour mission d’accueillir les bénévoles, qui étaient en charge avec moi de faire le lien entre les œuvres et le public. Les gens pouvaient assister au montage (jeudi 1er juin) et venir visiter les différentes interprétations de la cabane vendredi, samedi et dimanche (2-3-4 juin). 5 firmes ou collectifs, 5 démarches, 5 œuvres comme autant de directions explorées …

Les contraintes pour les créateurs : le thème de la cabane et le carton comme matériau. Cascades, qui était l’un des commanditaires, fournissait le carton (fait de matières recyclées). Lorsqu’on pense à cabane, on pense à l’enfance, à une maison trafiquée à partir d’une boîte, à une cabane perchée dans un arbre. On pense à un abri, à une cachette, à un espace de repos. Par définition la cabane est un abri temporaire, de construction plus ou moins rudimentaire. Le fait d’avoir utilisé le carton comme matériau de base ajoutait au caractère éphémère des constructions. Les cinq équipes ont d’ailleurs fait face à un défi de taille lors de la journée de montage des installations, celui d’avoir à concilier avec le vent. Un thème ludique que celui de la cabane, à travers lequel on pouvait questionner les rapports de perspectives dedans/dehors.

« L’ÉCLOSION » (collectif Escargo)

Une éclosion est un petit monde en soi. C’est un mécanisme qui peut naître n’importe où et jaillir de toute chose, un espace à la fois fort et délicat. L’éclosion est une cabane comme une forteresse du repos. Un lieu figé hors temps, un moment d’arrêt, une immobilité. La coque de la cabane est une membrane qui assure la tranquillité du dormeur. Recouverte de pièges et d’épines, elle rebute quiconque voudrait perturber le précieux sommeil de ceux qui l’habitent. À l’inverse, son intérieur est duveteux, obscur et paisible. Il invite à la sieste idéale, celle dont on s’éveil léger et vif. La cabane est un silence pour l’esprit. C’est une ouverture, un portail, un lieu où naît le sommeil, une parenthèse où germent les rêves.

L’installation de nos amiEs du collectif Escargo se jouait du carton de manière à nous le faire oublier. Il y avait quelque chose d’organique dans cette interprétation de la cabane, qui faisait imaginer pour les uns un porc-épic, un sapin, des cocottes de pin… pour les autres une baleine, un loup qui hurle à la lune ou un monstre épineux. Dans tous les cas, il y avait un contraste entre le dehors fait d’épines et le dedans, cocon douillet. Les fameuses cocottes (plus de 3000) qui recouvraient l’installation n’étaient en fait que du carton ondulé roulé sur lui-même. Le résultat était si impressionnant sur le plan visuel que les passants avaient l’impression qu’il y avait une grande complexité dans l’élaboration de la carapace de la bête cartonnée. En fait, ce qui doit impressionner ici est le temps de fabrication (en amont) des pommes de pin, la patience des concepteurs et des amis qui sont venus leur porter main forte. La difficulté n’était pas dans la cocotte individuelle, mais collective. Un bel exercice qui nous fait réaliser que l’effet, l’impact sur le plan visuel peut être fulgurant, malgré la simplicité du dispositif de base. Une texture en cônes par réplication (à l’infini) d’un motif, d’un assemblage. WOW! Lire la suite