Résistance 9/101 : racisme systémique

[texte publié initialement sur fb le 31 mai 2020]

Un homme noir (un autre!) est tué par un agent de police aux États-Unis. Son nom : George Floyd. Comme le soulignait Émilie Nicolas dans son texte publié dans Le Devoir (28 mai) : « On s’insurge de la mort de George Floyd, tué cette semaine au Minnesota, encore sur vidéo, lors d’une intervention policière, et avec raison. Mais sait-on même que D’Andre Campbell, un jeune homme noir de 26 ans, est mort d’une intervention policière après qu’il a appelé lui-même le 911 à Brampton, le 6 avril dernier, pour du secours en santé mentale ? Pourquoi la nouvelle du Minnesota reçoit-elle plus d’attention que la nouvelle de l’Ontario, ici et même en Ontario ? Sait-on que la police de Winnipeg a abattu trois Autochtones, dont une jeune fille mineure, en 10 jours, toujours en avril ? » Bien que l’herbe ne soit pas toujours plus verte chez le voisin, nous n’avons pas à regarder si loin en matière de violences et d’inégalités. Miroir. Le racisme systémique doit être adressé, débattu, mis sur la place publique. Il devient de plus en plus difficile de jouer les autruches lorsque les injustices sont filmées, à répétition. Il est temps de mettre de côté nos fragilités blanches et de faire face au fait (douloureux) que nous participons à ce système. Ça veut dire commencer par reconnaître nos biais et nos privilèges, mais aussi, écouter et s’éduquer. Ça veut dire regarder Strong Island (Yance Ford, 2017), The Force (Peter Nicks, 2017), Seven Seconds (Veena Sud, 2018), 13th et When they see us (Ana DuVernay, 2019). Ça veut dire lire 11 brefs essais contre le racisme – pour une lutte systémique, dont le texte de Will Prosper : « J’ai pu constater que nous n’avions pas droit à la même vie que les autres, Je ne parle pas seulement d’offre culturelle, mais d’occasion d’emploi, de facilité de transport, bref, d’un ensemble de privilèges qui, clairement, ne nous étaient pas destinés [en parlant des citoyens de Montréal-Nord]. Mais une fois ce constat établi, la véritable réflexion, et donc le débat intelligent, ne devient possible que lorsque nous voyons clairement qu’au bout du compte, on ne peut réduire le problème à la police, ni même à la pauvreté ou à l’éducation. C’est tout cela mis ensemble, et surtout, la logique intrinsèque qui t’apparaît et qui forme ce qu’on pourrait appeler un système. » Ça veut dire se réveiller et se mettre en action. L’année dernière avait lieu à Montréal une consultation publique sur le racisme et la discrimination systémiques. Le processus de la consultation est disponible en ligne sur le site de l’office de consultation publique de Montréal, on y retrouve entre autres des documents de référence, les travaux de la commission et des transcriptions/webdiffusions des séances d’information. En novembre dernier, La ligue des droits et libertés faisait valoir (dans un communiqué) l’importance que cette consultation ne soit pas une fin en soi, mais le début d’un « chantier » contre le racisme systémique. Les recommandations et les pistes de solution sont nombreuses, qu’en ferons-nous?

Image mise en avant tirée du site de l’office de consultation publique de Montréal https://ocpm.qc.ca/fr/actualite/rapport-consultation-publique-sur-racisme-et-discrimination-systemique-en-questions

Vidéo produite par la Ligue des droits et libertés https://liguedesdroits.ca/

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