L’eau vive

L’EAU VIVE – 2015 (texte Chantal Bergeron / illustrations Pierre-Yves Diehl)
Voici quelques planches du projet L’EAU VIVE, pour lequel nous cherchons un éditeur. L’EAU VIVE est un conte qui met en scène 2 femmes spéciales, une narratrice-hibou, le soleil, un baobab et l’eau.

Dans certains pays l’eau est rare. L’eau c’est de l’or, de l’or bleu. Dans certains pays, en saison sèche, l’eau monte difficilement les collines. Plus il fait chaud, moins l’eau se rend en haut. La famille passe parfois la nuit debout à remplir d’eau des bidons. Une courtepointe de 20 litres multicolores déposée sur l’horizon. De l’eau pour le lendemain, quand le robinet sera éteint. De l’eau pour boire, de l’eau pour faire à manger, pour faire le lavage, de l’eau pour se brosser les dents. L’eau c’est de l’or, de l’or bleu. L’eau vive, un conte qui met en scène 2 femmes spéciales, une narratrice-hibou, le soleil, le baobab et l’eau.

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Deuxième jour. Elles prennent goût au voyage, prennent pied dans l’aventure. Elles suivront l’eau si elles la trouvent. Et qu’importe la destination finale puisque maintenant elles sont toutes 2 nomades. Certains diront d’elles qu’elles sont instables, c’est vrai, mais après tout, l’équilibre ça se reconstruit à chaque instant? Pas vrai? Dans le mouvement. Donc deuxième jour, deuxième matin. C’est une journée de grands vents, chauds et secs, des airs d’harmattan. La terre se soulève. Awa et Nadji avalent la poussière, manquent d’eau et même de salive. Elles ravalent, elles avancent, le vent dans le visage, à contre-courant. Espérant la pluie. L’air saturé de grains de sable, les 2 femmes ne voient pas où elles vont, elles habitent un typhon. Comment savoir LA direction. Aucune voie visible, qu’un voile de violence, que vents et errances. Et pourtant elles avancent. Donc, sans le savoir, elles vont nécessairement à quelque part. Un endroit qu’on ne voit pas… ENCORE, qui n’existe pas ENCORE à l’œil nu, mais un lieu, un moment, un quartier. Qui sait? Tout à coup, Nadji se frappe le nez contre un arbre, c’est un baobab.

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NADJI
J’ai peur!

AWA
De quoi?

NADJI
I fait noir. J’vois rien. Comment on sait si on va dans la bonne direction. Si on doit être ici plutôt que là-bas.

AWA
C’est pas la noirceur qui t’empêche de voir.

NADJI
Ah non! C’est quoi?

AWA
Le nez collé dessus, on voit pus clair. Ça nous prendrait une petite distance, juste une distance de temps. Dans trois jours on saura si on devait passer par ici.

NADJI
Mais dans trois jours on sera déjà loin.

AWA
Ben c’est ça. Ça sert à rien de se demander si faut passer par ici ou pas. On EST ici.

NADJI
Pas certaine de te suivre Awa.

AWA
Tu ne me vois pas, mais je suis là. Juste en avant de toi. Dans les pas. Juste en avant de toi. Chante, ça donne du courage…

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Puis la tempête se calme. Elles descendent la rivière, se laissent filer. Et à mesure que les 2 femmes glissent le long de l’onde, tout autour d’elles redevient vivant. Elles nagent sur le dos en se tenant par la main. 2 îles spontanées qui suivent le contre-courant. Tant qu’il y a l’eau, il y a le mouvement. Des pousses d’herbe d’un vert tendre apparaissent là où l’on ne croyait plus voir de vie. Elles retournent à la maison. Du coup, elles sont back au point de départ. Là où l’herbe n’est ni plus verte ni plus jaune, mais là où l’origine se tient, là où l’on peut recommencer à s’enraciner.

Si vous êtes intéressés par L’EAU VIVE, vous n’avez qu’à communiquer avec nous pour la version complète du manuscrit. Veuillez noter par ailleurs, que nous sommes disponibles, ensemble ou séparément, pour des contrats de rédaction et-ou d’illustration.

* article de blogue « Voilà se qui se passe quand Pierre-Yves Diehl habille mes textes avec ses dessins. J’ai la surprise de voir mon conte prendre vie. C’est très touchant de voir les mots imaginés s’animer sous la plume de quelqu’un d’autre…»

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