ΧАИДЕ !

ΧАИДЕ ! – 2012 (textes, photos et dessins en pointillés Sophie Poifol)

Pour garder une trace de l’exposition de Sophie, lors de son passage prolongé à Québec…


ΧАИДЕ, ça vaut dire Allons-y! Let’s go! Andiamo! Vamos!
Ça veut dire partons d’un seul coup! Foutons l’camp! Disparaissons!
Là-bas, en Bulgarie, on était sept dans une maison jaune toute foutue. En fait on était douze à être venus pour voir. Mais en vrai on était bien plus nombreux que ça. Voyageurs novices, volontaires enthousiastes,  aventureux perdus, bénévoles de passage, on a fait de notre mieux avec ce qu’on avait et c’était beau. Il en reste des images, des bouts de textes à découper et dessins en pointillés.

Photo3Dans tous les villages il y avait toujours baba.
baba, elle est petite et maigre.
Ses mains sont dures et elle se tient droite.
Elle parle beaucoup.
On n’a pas assez de mots pour se parler mais assez pour faire des blagues.
On rit.
Photo4On a d’abord appris la colère.
Puis il a bien fallu apprendre la patience.

Photo5Parfois le soleil venait crever le gris du ciel.
Le monde nous paraissait immense.
On aura jamais assez de lignes pour l’arrêter.Photo6Trottoirs aléatoires, textures de murs éraillés, chicots de publicités nuisibles, bribes de merveilles grises qu’on ramassait au pied des trottoirs aléatoires… Photo7Quand il a fallu se dire au revoir c’était le temps des jours bleus.
Dans les monastères
Dans les montagnes
On oubliait la poussière de Sofia.
Photo8Certains jours le quotidien nous fait croire qu’on est arrivé.
Le grincement familier de la grille, le vieux poirier dans la cour,
le brun-rouge du tapis à fleurs.
Un matin on les connait par coeur.
On pense qu’on est arrivé.
Et puis on entre dans une boutique et on se souvient.
Photo9Il joue de la vièle à la sortie du métro.
Ses yeux sont vides.
Son blouson aux couleurs délavées est un peu petit pour lui.
Il se tient droit.

Broderie4Broderie5Broderie6
* article de blogue Les fêlures bien-aimées et Le chien au museau froid et Martenitsas et Chanson de marins perdus
« Sans comprendre on s’est mis à l’aimer, à aimer ses fêlures
À coup de pizzas grasses, à coup de trottoirs brisés et de crissements de freins. Le jaune criard des taxis, le rouge sali des briques pelées
Ces photos de famille abandonnées dans la boue du marché
Les odeurs des fromage et les kilomètres de béton… »

* article de blogue Les jours bleus et La dame qui vend des fleurs
« Pendant ce temps, sur un autre continent, la délicieuse Sophie Poifol fait ses valises. Des valises remplies de talent, de courage, de papiers teints avec du café et de la betterave, de tricotins, d’un Bellou de plus de six pieds qui dessine des micro-personnages, de photos en noir et blanc, de cartes postales littéraires, de boîtes en métal remplies de bagues en plastique trouvées dans la rue, de poèmes de René Char ou de Rimbaud tatoués dans la peau, de cheveux vendus pour une bonne cause, de souliers dépareillés, de boucles d’oreilles aériennes, de générosité, de bouteilles de rhum vides, d’ailes de poulet qui font pleurer, d’oiseaux guerriers, de matière à réflexion, de désirs de changer le monder et aussi…. de Bulgarie! Tel que promis, des images et textes de l’exposition de Madame… »

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