Poisson d’avril

Entendu à l’émission « Dessine-moi un dimanche » du 31 mars 2013
à 3min.50 sur les animaux monogames.
« Les plus grands monogames c’est les oiseaux. La plupart des oiseaux sont monogames et ils sont monogames parce que c’est presque impossible d’élever une couvée seule, donc il faut que les deux collaborent, malgré eux, pour élever la couvée. Et donc pour pouvoir passer à travers cette épreuve, qui est de se lever très tôt le matin et de nourrir jusqu’au coucher du soleil des jeunes qui ne font que demander toujours la même chose en criant, je pense que c’est essentiel que le couple de moineaux ou d’hirondelles forme un espèce de lien affectif, mais est-ce que c’est de l’amour humain? Sans doute pas, mais ils ont quand même un attachement très fort l’un pour l’autre. Ils se cherchent lorsqu’il y en a un qui disparaît. »
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Alors chez LUNETTES ROSES cette semaine : c’est froid pour les chevilles les ti-bas – retrouvailles de cuisine avec deux membres de GROUPE POÉSIE COMBATTANTE et 3 enfants beurrés de chocolat qui courent après les rondelles de couleurs d’un phallus de plastique géant – semaine 2 de l’épisode bébé va maintenant à la garderie (ou comment survivre à la séparation en prenant rendez-vous chez le coiffeur et en mangeant des oranges – rencontre avec l’inspirante Patricia Perez et son projet poétique, dont on espère pouvoir vous parler bientôt – et courriels hypnotiques pour essayer de vous fidéliser et de vous convaincre de vous inscrire à notre infolettre saisonnière.

En attendant…. à défaut d’avoir trouvé mon hirondelle, j’étends mes tentacules.

Chantal Bergeron. « La femme-pieuvre »,
CODE COLIBRI
Colostrum quand tu nous tiens…

Moi garde-manger. Montée de lait latente. Bébé pleure. Attente. Laper, l’appeler. Moi lacté. Supplier. Matin m’appelle. Materne. Réveil. Les pleurs plient. La paupière paléolithique ouverte. Les louves hurlent. Les mères veillent. M’endormir. Quand? Mon bébé boit mon lait. La Mathilde, ma loulou boit mon lait blanc. Tout le temps. Ma louve me boit, m’avale. J’allaite. 23h. 2h. 4h. 7h. J’allaite les heures. Seule. Au début. Gerçures initiales pas glamour. Nuits blanches me mangent. « Profites-en pour dormir parce que tu dormiras pus quand la petite va être née. » Comprendre. Mon corps comprends. J’entends. Je vois la vie passer par la fenêtre. Kamasoutra de l’allaitement. Football et madone inversée. Petits torticolis. Trop. Tire-lait. Trop. Roaller coaster. Trop. Souleurs sans cesse sans sanglot. Camisoles mouillées substituts de larmes. Je cours à côté du train. J’ai faim. Alourdie. Presque balourde. Je mange d’une main, de l’autre, je demande. De l’aide. À l’aide. Pas à l’aise. Pas adaptée. Deux seins comme des ballons. Engorgés. Mes mamelons accommodent la buveuse. Elle balbutie et boit. Ne dort pas, jamais. D’une main je pense à toi, de l’autre, je nourrice. Mes deux seins des ballons. Elle qui ne dort jamais. Ma main droite dans ses cheveux, ma main gauche tient mon œil ouvert et l’autre main écrit ce texte sur l’oreiller. L’insatiable saoulée de mon lait. La paupière lourde. Béate. Blancheur de mon lait. De la nuit. De ma peau. Ma Mathou teintée. Elle et moi ton sur ton. Tout toi métisse, mi-mossi mi-moi. Ça m’émeut ta peau. Dans la nuit. Toi. Toute menue, une merveille. « Maudit, chu-tu en train d’écrire des poèmes maternels? » Et tout à coup tu dis maman. Tu dis maman et tadam. Maman et tadam. Avec ta main dans les airs. La main refuge. Le chant ciment, liant. Sentiment. Aimer.

Tu me tiens.

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