Avec un salaire quotidien à moins d’2 piasses
qui lui permet à peine de cuisiner des cailloux dans sa calebasse

Médiations

En souvenir des beaux ateliers d’écriture rap donnés à l’automne 2011!

Des ateliers d’écriture rap ont été donnés à l’automne  2011 à une dizaine de jeunes, sous la direction de David Mottais, travailleur de milieu à la Maison des Jeunes de Charlesbourg « L’INTEGRALE ». Ces ateliers sont nés d’un besoin exprimé par certains jeunes eux-mêmes de développer des compétences en lien avec l’écriture et le rap. Les ateliers avaient pour objectifs de 1) développer une pratique d’écriture par le biais du genre rap en abordant des thématique comme la violence, la drogue, l’égalité des genres; 2) faire des exercices pour faciliter le passage du texte à la voix et 3) mettre en commun les textes écrits. Voici le texte final-collectif de notre belle gang de gars…

atelier rap (c) David Mottais

atelier rap (c) David Mottais

Le rap c’est d’l’écriture lecture lire écrire décrire
Enregistrer les tracks composées
La rime c’est comme des sentiments
Quand c’est mauvais c’t une guerre de clans
Le crime, la rime, le rap, la track
C’est comme le cognac qui descend dans l’estomac
Quand j’écris c’est pour changer les choses à chaque rime
Ça change de dose pour différentes causes
Le rap c’est comme une drogue
Quand t’en manques tu frôles la sentence

Et quand on parle de rap
On entend percussion
Il faut pas perdre le rythme
Parce qu’on a d’la passion

Tel un DJ sur les platines
Ma voix voyage plus haut que les collines
Plus relaxante qu’une comptine
Ça rend accro comme la nicotine

Et que dire des vidéoclips
Sont tous pareils, y a souvent du sexe
La danse est toujours la même
Comme à l’école, tu copies ton voisin d’à côté
Sauf que la danse on fait pas toujours les pas au même moment
La plupart des rappeurs prennent de la drogue
C’est quoi le problème, t’as rien à foutre de ton temps
Surprends-toi pas si t’as un casier judiciaire

Ils pensent que le rap
Parle juste de consommation et de sexe
Mais vous saurez que c’est pas juste ça le rap

Dans le fond si on mélange la musique, la danse, le son, le rap et les instruments
On obtient le hip-hop
Le hip signifie le mouvement
Le hop signifie la connaissance
Ces deux aspects nous donnent tradition et respect
Mais avant tout, divertissementamusementculture et engagement

NICOLAS DENIS, MATHIEU PROTEAU, TOMMY APRIL, STEVEN GAMACHE, MATHIEU JEAN, CHRISTOPHER DAIGLE, NICOLAS Q. CANTIN

La marche à l'amour

Tatouage collectif – vers 58

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« Parce que j’ai dans la tête et le cœur ces étalons qui se bousculent et qui vont à fond de train…
Aucune demi-mesure. Aucune autre façon possible  de vivre/d’aimer /de partager  que de le faire intensément.
L’intensité comme partie intégrante de ce que je suis, de ce que je fais!
Tout simplement parce que « j’ai un cœur de mille-chevaux vapeur ». »

AnnieC, Montréal, QUÉBEC [no58 – j’ai un coeur de mille chevaux-vapeur]

La marche à l'amour

Tatouage collectif – vers 116

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« Pourquoi Gaston?

Simplement parce qu’il évoque avec ses mots ce qui nous dévore l’âme par dedans et ce qui nous éblouit par dehors. Il dit les choses. Il nomme juste, il nomme bon.

Par ce temps profus d’épilobes en beauté
Un tatouage est un affront au temps. Le temps a beau utiliser ses meilleures cartes en défilant plus vite que nous le voudrions, le tatouage s’inscrit dans un continuum qui permet une mémoire personnelle et intemporelle, une mémoire qui ne s’effacera pas.

Par ce temps profus d’épilobes en beauté
À mon sens, la profusion est significative d’abondance, d’extrapolation, de surplus, mais également et surtout de passion et d’intensité. C’est gros, grand, bon, doux, c’est englobant.

Par ce temps profus d’épilobes en beauté
C’est la plante de par chez moi. Le Nord.
Robuste et délicate à la fois, elle s’élève aussi haut qu’elle le peut afin d’obtenir ce qu’elle désire : sa part de soleil. L’épilobe meurt, mais ses nombreuses graines restent viables dans le sol pendant de nombreuses années.

Par ce temps profus d’épilobes en beauté
Parce que dans un monde où il est facile de voir tout ce qui ne va pas, tout ce qui est laid, remarquer la beauté d’un moment, d’une personne, d’une action ou d’une envie est légitime et souhaitable. Apprendre à aimer le beau.

Ce tatouage? Pour moi, c’est tout ça. Il s’agit de convictions profondes qui se devaient d’être tatouées au près de mon cœur, sous mon sein par fierté d’être femme. C’est l’envie d’aller aussi loin au creux de mes rêves, de mes désirs, mais également de mes peurs. Avancer à vive allure par la douceur de mon humanité. Parce qu’il fait si beau et que la vie est si intense! Parce que les possibilités et les capacités sèment des racines qui pousseront tout partout. Par ce temps profus d’épilobes en beauté

Pourquoi on ne le ferait pas? »

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M.B., Montréal, QUÉBEC [no116 – par ce temps profus d’épilobes en beauté]