On commence à compter les jours

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Le mois d’août est là. Dans deux semaines nous mettrons le feu à la sculpture-structure éphémère sur laquelle falleros, professionnels et bénévoles ont tant travaillé dans le cadre de LA FALLA 2013. En se promenant sous les chapiteaux, on reconnaît les différents éléments de la maquette : la tortue – l’arc-en-ciel – les canards et le héron – le soleil. On voit littéralement la maquette prendre vie, le passage étonnant du 2D au 3D avec une précision hallucinante.

En parallèle du projet, les falleros ont exprimé le désir de composer une chanson rap. Nous nous sommes mis au travail avec Ronald, Tche et Rich. Les jeunes ont fait un travail remarquable de synthèse des idées générées par le groupe et ils ont un talent naturel pour aligner les mots sur un beat. Nous avons fait quelques séances d’enregistrement, dont une de groupe, pour ajouter les voix de tous en filigrane, l’esprit communautaire de LA FALLA capté et mixé sur le refrain final de nos trois falleros. La version audio de la chanson devrait suivre dans le courant de la semaine….

Falla Falla un projet de renaissance
têtes ensemble
on investit nos connaissances
Falla Falla un projet de renaissance
têtes ensemble
on investit nos connaissances
on amplifie nos compétences
en quatre mois le projet sera complété
et partira en fumée
dis-moi qu’est-ce t’en penses

Du côté des HLM et du projet de lanternes poétiques, nous avons travaillé avec un enduit de plâtre sur nos bas-reliefs et avons commencé à enregistrer les aînés lisant des poèmes. Nous avons eu droit à une chanson en créole, à des textes lus de Franz Benjamin, de Naomi Fontaine, de Jean Désy, de José Marti, de Laure Morali et de José Acquelin. Annette nous a livré sa recette de sucre d’orge. Shirley a composé un poème inspiré de la légende d’Aataentsic. Adèle dessinait des fleurs pendant que Marcel écrivait des mots sur le tissu qui formera la partie lumineuse de notre lanterne. Et moi, j’écrivais quelques mots inspirés de nos rencontres remplies de souvenirs qui refont surface, d’histoires et de la mémoire en mouvement.

En feu
Les canots, des saumons de bois, homards d’écorce
de Pessamit à la Romaine, en passant par Mashteuiatsh et Roberval
des rivières comme autant d’autoroutes aquatiques vers le solstice

Nager et avaler des centaines de kilomètres d’eau. Migrer là où il n’y a pas de trace, seulement le ressac et le nord-est, qui nous ballottent et nous gardent vivants. Cartographie sous-marine, espace sans ville, sans frontière, appartenant à tous et à personne. Retour à la source, à l’archipel de sel et de rochers à fleur d’eau. Au fil des affluents, retrouver sa nature profonde et tout ce qui concerne le poids ajouté des ombres. Retrouvailles attendues avec des nageurs et des nageuses aux mille détours. Des sœurs, des mères, des tantes, qui se tiennent par la main et dont les histoires se ressemblent. Boire. Parce que la soif ne s’étanche pas, même une fois le soleil couché et malgré toute l’eau du monde disponible à ses pieds. N’être soi-même qu’au milieu de ce mouvement.

des chemins bleus
des routes vers les chicoutais
des danses de minuit
des tentes qui tremblent
des baignades-sursis

puis
un territoire inondé
pérégrins fixés
pensionnats de curés
usines pour enfants nomades
caribous noyés
lanternes enflammées et cris d’enfants
j’entends la voix du chaman :
« ces caribous morts, c’est nous autres plus tard »
des cadavres à fourrures qui dérivent sur notre échec
notre trou noir mode de vie
du pain sec

mais heureusement
toutes les grandes chorales (re)naissent du fleuve
des prières innues et bouddhistes dans une valse inattendue
et les saumons et certains hommes qui continuent
d’avancer, à contre courant

La légende d’Aataentsic a frappé l’imaginaire de nos aînés-lumières. Cette légende des Hurons-Wendat qui explique la création de la terre. Cette femme, Aataentsic, habitait le ciel avec son peuple. Elle s’enfarge dans un racine en allant cherchant des plantes médicinales pour son mari malade et tombe dans un trou. Des oiseaux-parachutes freinent sa descente et la déposent sur la carapace de la tortue. Le crapaud plonge alors dans le fond de l’océan et ramasse de la terre dans sa gueule pour en recouvrir le dos de la tortue et permettre ainsi la culture du maïs, des haricots et des courges. Enfin, la femme donne naissance à deux jumeaux, un gentil et un méchant, qui s’amusent à construire et à déconstruire les éléments environnants.

2013-07-31-10.07.53_WEBLes gens en charge de donner vie à cette légende sont Élodie Choqueux et toute l’équipe de la TOHU (coordonnatrice de LA FALLA), Charles-Hugo Duhamel (grand manitou de l’équipe terrain de LA FALLA), Damien et Sabrina (pôle construction), Karine et Mélissa (pôle modelage et moulage), Camille et Geneviève (pôle peinture), les falleros (Jenny, Brian, Dave, Emmanuel, Orsen, Rich, Ronald, Tche), les stagiaires et les bénévoles (enfants des camps de jour du quartier, participants des centres Yves-Thériault et Gabrielle-Roy). Vous pourrez rencontrer tout ce beau monde dans moins de deux semaines avec les artistes en charge de vous faire bouger bouger!!!! La programmation complète sur le site de la TOHU et sur la page facebook de LA FALLA 2013.

Sur la photo, le dedans de la vague.

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