Dis-moi c’est quoi ta toune?

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Il était une fois une communauté en Afrique où l’origine d’un enfant est associé non pas à sa naissance, mais au moment où a germé « l’idée de l’enfant » chez sa mère. Cette dernière attend sous un arbre d’entendre la chanson de l’enfant à naître. Elle apprend cette chanson au futur père de l’enfant, puis à la sage-femme et aux vieilles. L’enfant qui naît est accueilli par sa chanson. Petit à petit, la chanson est transmise aux gens de la communauté. Cette chanson est chantée à l’enfant lorsqu’il fait un bon coup ou un mauvais coup, lors des transitions importantes de sa vie. Cette chanson accompagne l’enfant pour lui rappeler qui il est. La tribu sait que le blâme ne corrige pas les gestes délinquants, mais plutôt l’amour et le souvenir de sa propre identité. Une fois en harmonie, en accord avec notre nature et notre propre chanson, semble-t-il, nous rayonnons. Que ça aille bien, que ça aille mal, chantons! Anyway, comme le disait Beckett, « quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter. »

Parce qu’on peut écrire de manière décousue qu’on écrive de jour ou de nuit. Parce qu’il y a des choses qui ne changent pas. Parce que nous changeons si peu… jamais. Parce que je suis tombée sur cette page de Juxtapoz Magazine qui présente le travail de la photographe Irina Werning « Back to the future ». La photographe recrée des moments du passé captés sur pellicule. Elle juxtapose de vieilles photos mettant en scène des enfants avec de nouvelles versions stagées à coups de décors, de costumes et d’attitudes similaires. La particularité des photos est de mettre en scène les mêmes sujets devenus adultes. On ne change pas. Mais on chante. Je regarde ma Mathilde qui vient d’avoir onze mois et je vois déjà en elle la grande fille. Je la vois devenir cette personne à 88 miles à l’heure. Et je ris encore de cette photo du monsieur chauve dans sa chaise haute avec un Playboy. Irina Werning.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=lfnAb11wKQc?rel=0&w=420&h=315]

Ça donne le goût de jouer le jeu, de reprendre une scène, un snapshot classique. Je voudrais revivre ce moment capté où je dors sur l’épaule de mon petit frère. Je trouve cette photo si touchante et il me semble que la nouvelle version, avec moi à l’aube de la quarantaine et mon frère devenu plus grand que moi le serait tout autant.

“two people who were once very close can
without blame
or grand betrayal
become strangers.
perhaps this is the saddest thing in the world.”
– Warsan Shire

Et de lire via Poème Sale que Warsan Shire a gagné le premier prix de poésie africaine de l’Université Brunel. Un prix qui vise à célébrer et à contribuer au développement de la poésie africaine. Comme on n’entend pas parler de poésie africaine trop trop souvent (on n’entend pas trop trop parler de poésie tout court!) on se réjouit de la nouvelle.

Et de lire via Marie-Anne Paveau que des poèmes de Maya Angelou illustrés par Basquiat ont été publiés en 1993!! Un livre jeunesse qui traite du courage que nous avons tous en nous pour affronter nos peurs. Life doesn’t frigthen me, des dessins magnifiques et des mots pour aborder le concept de résilience.  

Entendu à la radio : « le cou est la porte du vent. » Je me demande si la médecine chinoise est toujours aussi poétique?

Citation de la semaine : « j’ai d’la misère à attendre que l’eau bout pour mettre mes pâtes, penses-tu que j’vas attendre le reste de ma vie avant d’te frencher. »

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À noter : les statistiques c’est bien, mais pas autant que l’humain. LUNETTES ROSES cherche de nouveaux arrivants à interviewer pour un projet d’écriture sur la rencontre avec l’Autre – les beautés/difficultés du « vivre-sensemble » – la déshumanisation du système d’immigration. Vous êtes au Québec depuis moins de cinq ans? Vous avez des choses à dire sur l’identité, la communication interculturelle, l’intégration? Vous avez une heure à partager pour nourrir un texte en processus de création? Écrivez-nous à noslunettesroses@gmail.com. Et SVP faire suivre dans vos réseaux pour diffuser l’information. Merci.

Pis…. c’est quoi ta toune? C’est quoi ta musique?

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