Archives de catégorie : Médiation

CABANE – constructions éphémères

ma cabane au canada
est blottie au fond des bois
on y voit des écureuils
sur le seuil
si la porte n’a pas de clé
c’est qu’il n’y a rien à voler
sous le toit de ma cabane au canada
elle attend engourdie sous la neige
elle attend le retour du printemps…

La semaine dernière je travaillais sur le site de l’événement CABANE. CABANE, un concours d’installations-constructions éphémères, qui avait lieu pendant la foire commerciale de l’Avenue Mont-Royal au coin des rue Mentana et Boyer (ancien site de la station d’essence ESSO). J’avais pour mission d’accueillir les bénévoles, qui étaient en charge avec moi de faire le lien entre les œuvres et le public. Les gens pouvaient assister au montage (jeudi 1er juin) et venir visiter les différentes interprétations de la cabane vendredi, samedi et dimanche (2-3-4 juin). 5 firmes ou collectifs, 5 démarches, 5 œuvres comme autant de directions explorées …

Les contraintes pour les créateurs : le thème de la cabane et le carton comme matériau. Cascades, qui était l’un des commanditaires, fournissait le carton (fait de matières recyclées). Lorsqu’on pense à cabane, on pense à l’enfance, à une maison trafiquée à partir d’une boîte, à une cabane perchée dans un arbre. On pense à un abri, à une cachette, à un espace de repos. Par définition la cabane est un abri temporaire, de construction plus ou moins rudimentaire. Le fait d’avoir utilisé le carton comme matériau de base ajoutait au caractère éphémère des constructions. Les cinq équipes ont d’ailleurs fait face à un défi de taille lors de la journée de montage des installations, celui d’avoir à concilier avec le vent. Un thème ludique que celui de la cabane, à travers lequel on pouvait questionner les rapports de perspectives dedans/dehors.

« L’ÉCLOSION » (collectif Escargo)

Une éclosion est un petit monde en soi. C’est un mécanisme qui peut naître n’importe où et jaillir de toute chose, un espace à la fois fort et délicat. L’éclosion est une cabane comme une forteresse du repos. Un lieu figé hors temps, un moment d’arrêt, une immobilité. La coque de la cabane est une membrane qui assure la tranquillité du dormeur. Recouverte de pièges et d’épines, elle rebute quiconque voudrait perturber le précieux sommeil de ceux qui l’habitent. À l’inverse, son intérieur est duveteux, obscur et paisible. Il invite à la sieste idéale, celle dont on s’éveil léger et vif. La cabane est un silence pour l’esprit. C’est une ouverture, un portail, un lieu où naît le sommeil, une parenthèse où germent les rêves.

L’installation de nos amiEs du collectif Escargo se jouait du carton de manière à nous le faire oublier. Il y avait quelque chose d’organique dans cette interprétation de la cabane, qui faisait imaginer pour les uns un porc-épic, un sapin, des cocottes de pin… pour les autres une baleine, un loup qui hurle à la lune ou un monstre épineux. Dans tous les cas, il y avait un contraste entre le dehors fait d’épines et le dedans, cocon douillet. Les fameuses cocottes (plus de 3000) qui recouvraient l’installation n’étaient en fait que du carton ondulé roulé sur lui-même. Le résultat était si impressionnant sur le plan visuel que les passants avaient l’impression qu’il y avait une grande complexité dans l’élaboration de la carapace de la bête cartonnée. En fait, ce qui doit impressionner ici est le temps de fabrication (en amont) des pommes de pin, la patience des concepteurs et des amis qui sont venus leur porter main forte. La difficulté n’était pas dans la cocotte individuelle, mais collective. Un bel exercice qui nous fait réaliser que l’effet, l’impact sur le plan visuel peut être fulgurant, malgré la simplicité du dispositif de base. Une texture en cônes par réplication (à l’infini) d’un motif, d’un assemblage. WOW! Continuer la lecture de CABANE – constructions éphémères

«L’endroit où on pleure tous»

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Hier j’étais au Centre Gabrielle-Roy pour un atelier de correspondances. Le Centre est un établissement d’enseignement aux adultes. On s’amusait à imaginer des ponts, des arc-en-ciels au dessus de l’ancienne carrière Francon et du Métropolitain. On jasait Saint-Michel, on dessinait des cartes mentales, on discutait pour créer une carte postale collective sur laquelle on pourra écrire à notre groupe jumelé du Centre Yves-Thériault.

Une étudiante montrait à un autre étudiant différentes traductions de mots français en langue atikamekw. Elle m’a dit que le mot le plus long en atikamekw est le mot «école». Le mot «école» en atikamekw s’écrit «skinomadokomokok». C’est un mot de 16 lettres! Alors j’ai demandé à Gisèle ce que voulait dire «skinomadokomokok»… elle m’a dit que ça voulait dire l’endroit où on pleure tous. J’ai eu immédiatement envie de pleurer moi-même. Je trouvais le mot tellement charger de sens, chargé de peines, chargé d’une Histoire dont on parle trop peu souvent. Gisèle m’a dit : « vous savez, c’est à cause des pensionnats que ça s’appelle comme ça. » Oui, bien sûr. Les pensionnats. Cette tragédie. Les enfants arrachés à leur communauté pour une assimilation déguisée en projet «éducatif». Le mot est assez long pour rester pris en travers de la gorge.

La réalité des pensionnats évidemment je ne l’ai pas vécue. La première fois où j’en ai entendu parlé c’était à l’école, dans un cours de Mythologie amérindienne donné par Yves Sioui-Durand. Il y a vingt ans. Continuer la lecture de «L’endroit où on pleure tous»

Souvenirs de LA FALLA 2013 — HLM

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Concentrés devant la vidéo de LA FALLA 2010

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Emmanuel nous explique son travail de fallero

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Dans le gazebo au HLM Emmaüs avec Louise, Adèle, Claudette et Marcel

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Des participants habitués avec la peinture au HLM Des Carriers

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La belle visite de Joséphine Bacon

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C’est le temps de modeler des soleils au HLM Des Carriers

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Élucille nous chante des airs en créole

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Moulage avec madame Titouan et Micheline

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Enduit de plâtre avec Ginette

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« Le calme bleu du paradis » avec Nicole, Madeleine et Ginette

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Devant les poèmes écrits pour chacun des HLM

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Participants du HLM Des Carriers présents au vernissage

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Participants du HLM Emmaüs présents au vernissage

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Participants du HLM Laure-Conan présents au vernissage

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Participants du HLM Bruchési présents au vernissage

DSCN1885_webphotos (c) Patricia Bergeron et Micheline Gravel

Aujourd’hui j’ai tué un oiseau

Aujourd’hui j’ai tué un oiseau. Je revenais d’aller porter la petite à la garderie et en me stationnant j’ai entrevu un pigeon, puis, plus de pigeon. J’ai reculé et voilà l’oiseau qui était devant mon pare-choc à battre des ailes sans pouvoir s’envoler. Après un moment à dialoguer avec le pigeon pour le convaincre de partir, je suis allée me stationner ailleurs. Je suis ensuite revenue vers l’oiseau pour essayer de l’aider et bien sûr, j’étais plus une nuisance qu’une aide. Le pigeon redoublait de battements d’ailes pour essayer de s’éloigner de moi, nerveux à mort et incapable de s’enfuir. Il arrivait à se soulever du sol, mais retombait aussitôt. Alors j’ai appelé AnnieC en panique pour savoir qu’est-ce qu’on fait avec un oiseau blessé. Elle cherchait le numéro de SOS-l’aile à plat, tandis que je surveillais le pigeon de mon balcon, inquiète de voir le chat du voisin qui commençait à rôder autour. J’ai réussi à rejoindre quelqu’un qui m’a dit que personne ne pouvait se déplacer pour venir chercher l’oiseau, mais que je pouvais le mettre dans un sac de plastique et l’apporter à la SPCA. Honnêtement, je me voyais mal conduire avec un oiseau dans un sac sur le siège passager. J’avais cette image d’oiseau qui bat des ailes dans l’habitable de l’auto (pas la mienne) tandis que j’essaie de me protéger les yeux des coups de bec et de griffes. Elle m’a alors suggéré d’aller porter l’oiseau dans un parc. Elle disait : « si l’oiseau arrive à voler, ce n’est probablement qu’un problème neurologique. » Autrement dit, l’oiseau est sonné, s’il arrive à se calmer et à se reposer il pourra sans doute s’envoler de nouveau d’ici quelques heures, si le chat ne le mange pas d’ici là. Je suis donc partie avec une serviette de bain, j’ai fait « ouich-ouich » au chat et j’ai pris l’oiseau tout contre moi. Il était nerveux (quins!) et battait si fort des ailes qu’il s’est échappé et est tombé par terre. Mmmm pas sûre que c’est bon pour ta neurologie de faire une chute de cinq pieds. Je lui ai trouvé un coin tranquille dans la parc. Il s’est mis à voler plus haut que je ne l’avais jamais vu voler et puis il a piqué du nez et et venu s’écraser la tête dans le gazon. J’ai alors décidé de retourner chez moi pour le laisser se reposer.

Lorsque je suis revenue, l’oiseau était toujours dans la même position, raide mort avec des mouches. Comme quoi, lorsqu’on veut aider, parfois on fait plus de tort que de bien. #mavieestunfilm

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2013-08-16-17.07.25web

C’était la fin des ateliers cette semaine. Nous avons sablé nos bas-reliefs, avons mis une couche d’apprêt et avons ensuite mis des couleurs qui ont donné vie à nos lanternes. Nous avons eu la visite de Franz Benjamin et d’Anie Samson, respectivement conseiller municipal et mairesse de l’arrondissement, dans deux HLM. Nous avons investi les tissus d’écritures et de peinture. Nous avons terminé l’assemblage des lanternes à l’atelier de la TOHU. Nous avons fait le montage de l’exposition avec cartels, photos, lumières, bande-son. À minuit moins une nous étions prêts pour le vernissage. Plusieurs aînés se sont déplacés pour voir le diaporama de Patricia, qui récapitulait cette belle aventure de 5 semaines. Chacun est allé mettre son souhait dans le personnage-jumeau de la sculpture-structure qui brûlera demain, le 17 août. Nous avons mangé des biscuits et pris un thé ensemble. Les gens sont venus me parler. Quelqu’un m’a dit : « je vous remercierai jamais assez. Moi je suis bonne avec les enfants, mais je suis pas ben bonne avec les adultes d’habitude ». Quelqu’un m’a dit : « j’étais pas trop certaine au début quand vous êtes arrivée, mais c’est très beau ce qu’on a fait ». Quelqu’un m’a dit : « il faut revenir faire des activités avec nous autres l’an prochain ». Quelqu’un m’a dit : « notre groupe est plus fort à cause d’activités comme ça ». Quelqu’un m’a dit : « je sais pas si je serai là l’an prochain. J’ai des problèmes de coeur, de cholestérol. Il y a des risques que je fasse un ACV. »

Comme je l’ai dit aux participants, la poésie peut s’inspirer d’images, de sons, d’odeurs, mais la rencontre et l’humanité sont ce qui la nourrissent d’abord. J’aimerais remercier du plus profond de mon cœur les gens qui ont participé à cette aventure de lanternes poétiques. Patricia Bergeron (médiatrice culturelle de la TOHU), Micheline Gravel (intervenante de milieu), Charles-Hugo Duhamel et toute son équipe (grand manitou de l’équipe terrain de LA FALLA), les falleros, Élodie Choqueux et toute l’équipe de la TOHU (coordonnatrice de LA FALLA) et surtout, les participants des HLM Des Carriers, Laure-Conan, Bruchési et Emmaüs. Merci pour votre générosité, votre ouverture et votre créativité.

Je laisse à chacun des HLM un poème inspiré de notre rencontre et je ne vous dis pas « au revoir », mais bien, à la prochaine…

HLM EMMAÜS
Lanterne de plumes 

Nous pensons que les choses que nous ne voyons pas n’existent pas. On ne visite pas les sites d’enfouissement pour croire que nos poubelles disparaissent comme par magie. On ne voit pas les réserves amérindiennes. On ne voit pas les carcasses d’animaux des abattoirs. On ne voit pas les rivières de pétrole déversé.

Mais les oiseaux voient tout du haut des airs.
Nos cockatiels ne sont pas aveugles.

Parfois je crois que je suis invisible moi-même. Ça me permet d’oublier mon visage. Ainsi vous ne voyez pas mon vernis écaillé. Vous ne voyez pas mes bas dépareillés. Vous ne voyez pas ma tristesse. Vous ne savez pas que j’aime mâcher la menthe de votre jardin. Derrière cette non-existence, je me déguise en oiseau pour voler la saison d’été. Un oiseau-parachute, porteur d’histoires, gardien d’une mémoire malléable et captive. Une mémoire gardée dans une boîte, ouverte au hasard d’une conversation. Sucres d’orge et souhaits s’envolent. Unisson.

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La semaine prochaine semblera vide sans vous. Jamais facile de faire le deuil d’une belle expérience intense de groupe. J’imagine que c’est un peu la même chose pour les falleros et les artistes professionnels qui ont travaillé sur la sculpture-structure. Comme un mélange de fierté de voir le travail accompli, de fatigue et de tristesse à cause de la fin.

Le lien vers la bande-son poétique qui accompagnait nos lanternes…

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crédits de la bande-son:
textes
– Mon père ne chante plus – Franz Benjamin* dit par Marc
– Nikuss – Naomi Fontaine* dit par Denise
– Cultivo una rosa blanca – José Marti dit par Josephina
– L’odeur de feu des routes – Laure Morali* dit par Céleste
– Recette de bonbons d’orge de soeur Delia Marie dit par Annette
– Les silences du monde – José Acquelin* dit par madame Thi Thoan
– Le coeur de la terre – Shirley dit par Shirley
– Bruits du nord – Jean Désy* dit par Marcel
– Prière bouddhiste dit par Athi
– La terre de ma langue – Manon Nolin* dit par Nicole
– Le bruit de la vie – Joséphine Bacon* dit par Ginette
* avec l’autorisation de Mémoire d’encrier

voix
Avec les voix des aînés-lumières des HLM Des Carriers, Laure-Conan, Bruchési et Emmaüs et la participation de Franz Benjamin et de Joséphine Bacon

montage sonore
Chantal Bergeron LUNETTES ROSES à partir des enregistrements faits sur place, des oiseaux de Simon Dumas et d’échantillons sonores de freesound.org (4211__dobroide__fire-crackling, 17726_suonho_ELEMENTS_WATER_01_Underwater, 17729__royal__cavern-wind, 29585__willpio__coeur, 133424__gerardhadders__excavation)

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Difficile de dormir le soir venu lorsque t’a pris un oiseau mort dans tes bras, que t’as vu la fin d’un projet rempli de sens et que quelqu’un t’a parlé de sa propre mort, comme d’une éventualité non souhaitée, mais imminente. « La vie est plus forte que la mort », c’est certain, mais à la fin, c’est toujours la mort qui gagne. « Brûle FALLA brûle. Brûle FALLA brûle. » On verra ce qui naîtra des cendres…

2013-08-15 16.13.47Élodie, Denis, Orsen, Rooldjems, Ronald, Dave, Charles-Hugo, Jenny et Emmanuel

Rap de LA FALLA 2013

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Falla Falla un projet de renaissance
têtes ensemble
on investit nos connaissances
Falla Falla un projet de renaissance
têtes ensemble
on investit nos connaissances
on amplifie nos compétences
en quatre mois le projet sera complété
et partira en fumée
dis-moi qu’est-ce t’en penses

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
dis-moi qu’est-ce t’en penses
dis-moi qu’est-ce t’en penses yeah

C’est comme un enchaînement du début à la fin
on reste unis sans aucun serment
nos professionnels excellents
nos talents sont écoeurants
nos produits sans faute
source de motivation
le 17 août que d’l’action
on dirait un parc d’attractions
du plus jeune au plus grand
venez en grand nombre
projet Falla le terrain de la TOHU il faut qu’on comble
une ancienne tradition
les plans sur papiers
mis à exécution
une structure de 30 mètres
qu’on a pour mission
très efficaces
même lorsqu’on travaille sous pression
une famille
même si on n’habite pas tous le même toit
tout le monde s’adaptent
et exécutent plusieurs tâches à la fois
malgré vos émotions
brûler la structure on n’a pas le choix
meilleure chance la prochaine fois
nah! je ne pense pas
projet de renaissance
le brûler c’est une nécessité
faites-moi confiance
une nouveauté à chaque année
un nouveau thème à chaque année
les falleros vont se propager
oui, c’est obligé

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
dis-moi qu’est-ce t’en penses
dis-moi qu’est-ce t’en penses yeah

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt
nous on se la pète trop
2013 est-ce qu’on ce la fait gros
on a mis du coeur
on travaille comme des pros
nous les falleros
on n’a pas pris ça trop tendu
2-3 coups de marteau
on arrangeait tous les malentendus
le 17 août on sera tous en Falla
à la Falla Falla
dis-moi si t’es là
dis-moi, est-ce que j’peux compter sur toi
À chaque été du nouveauté
les falleros sont tous nouveaux
Falla un projet de renaissance
on investit nos connaissances
tous ensemble en accueillant des nouvelles expériences
dis-moi qu’est-ce t’en penses
la structure comme récompense

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
rien d’artificiel
rien de superficiel

Multiculturel
projet naturel
dis-moi qu’est-ce t’en penses
dis-moi qu’est-ce t’en penses yeah

crédits 
*textes : Ronald Estimé, Tche-Guevara Saint-Jean et Richecard Mésidor
*voix : Ronald Estimé, Tche-Guevara Saint-Jean, Richecard Mésidor, Rooldjems Gedna et l’équipe de LA FALLA 2013
*beat : Kyu Tracks & Sourze Musik
*montage sonore : Chantal Bergeron LUNETTES ROSES à partir des enregistrements faits sur place et d’un échantillon sonore de freesound.org (42937__agfx__elec-hand-drill-drilling-metal-rough-2)

FESTIVITÉS DE LA FALLA LES 15-16-17 AOÛT, INFORMATIONS SUR LE SITE DE LA TOHU!!

On commence à compter les jours

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Le mois d’août est là. Dans deux semaines nous mettrons le feu à la sculpture-structure éphémère sur laquelle falleros, professionnels et bénévoles ont tant travaillé dans le cadre de LA FALLA 2013. En se promenant sous les chapiteaux, on reconnaît les différents éléments de la maquette : la tortue – l’arc-en-ciel – les canards et le héron – le soleil. On voit littéralement la maquette prendre vie, le passage étonnant du 2D au 3D avec une précision hallucinante.

En parallèle du projet, les falleros ont exprimé le désir de composer une chanson rap. Nous nous sommes mis au travail avec Ronald, Tche et Rich. Les jeunes ont fait un travail remarquable de synthèse des idées générées par le groupe et ils ont un talent naturel pour aligner les mots sur un beat. Nous avons fait quelques séances d’enregistrement, dont une de groupe, pour ajouter les voix de tous en filigrane, l’esprit communautaire de LA FALLA capté et mixé sur le refrain final de nos trois falleros. La version audio de la chanson devrait suivre dans le courant de la semaine….

Falla Falla un projet de renaissance
têtes ensemble
on investit nos connaissances
Falla Falla un projet de renaissance
têtes ensemble
on investit nos connaissances
on amplifie nos compétences
en quatre mois le projet sera complété
et partira en fumée
dis-moi qu’est-ce t’en penses

Du côté des HLM et du projet de lanternes poétiques, nous avons travaillé avec un enduit de plâtre sur nos bas-reliefs et avons commencé à enregistrer les aînés lisant des poèmes. Nous avons eu droit à une chanson en créole, à des textes lus de Franz Benjamin, de Naomi Fontaine, de Jean Désy, de José Marti, de Laure Morali et de José Acquelin. Annette nous a livré sa recette de sucre d’orge. Shirley a composé un poème inspiré de la légende d’Aataentsic. Adèle dessinait des fleurs pendant que Marcel écrivait des mots sur le tissu qui formera la partie lumineuse de notre lanterne. Et moi, j’écrivais quelques mots inspirés de nos rencontres remplies de souvenirs qui refont surface, d’histoires et de la mémoire en mouvement.

En feu
Les canots, des saumons de bois, homards d’écorce
de Pessamit à la Romaine, en passant par Mashteuiatsh et Roberval
des rivières comme autant d’autoroutes aquatiques vers le solstice

Nager et avaler des centaines de kilomètres d’eau. Migrer là où il n’y a pas de trace, seulement le ressac et le nord-est, qui nous ballottent et nous gardent vivants. Cartographie sous-marine, espace sans ville, sans frontière, appartenant à tous et à personne. Retour à la source, à l’archipel de sel et de rochers à fleur d’eau. Au fil des affluents, retrouver sa nature profonde et tout ce qui concerne le poids ajouté des ombres. Retrouvailles attendues avec des nageurs et des nageuses aux mille détours. Des sœurs, des mères, des tantes, qui se tiennent par la main et dont les histoires se ressemblent. Boire. Parce que la soif ne s’étanche pas, même une fois le soleil couché et malgré toute l’eau du monde disponible à ses pieds. N’être soi-même qu’au milieu de ce mouvement.

des chemins bleus
des routes vers les chicoutais
des danses de minuit
des tentes qui tremblent
des baignades-sursis

puis
un territoire inondé
pérégrins fixés
pensionnats de curés
usines pour enfants nomades
caribous noyés
lanternes enflammées et cris d’enfants
j’entends la voix du chaman :
« ces caribous morts, c’est nous autres plus tard »
des cadavres à fourrures qui dérivent sur notre échec
notre trou noir mode de vie
du pain sec

mais heureusement
toutes les grandes chorales (re)naissent du fleuve
des prières innues et bouddhistes dans une valse inattendue
et les saumons et certains hommes qui continuent
d’avancer, à contre courant

La légende d’Aataentsic a frappé l’imaginaire de nos aînés-lumières. Cette légende des Hurons-Wendat qui explique la création de la terre. Cette femme, Aataentsic, habitait le ciel avec son peuple. Elle s’enfarge dans un racine en allant cherchant des plantes médicinales pour son mari malade et tombe dans un trou. Des oiseaux-parachutes freinent sa descente et la déposent sur la carapace de la tortue. Le crapaud plonge alors dans le fond de l’océan et ramasse de la terre dans sa gueule pour en recouvrir le dos de la tortue et permettre ainsi la culture du maïs, des haricots et des courges. Enfin, la femme donne naissance à deux jumeaux, un gentil et un méchant, qui s’amusent à construire et à déconstruire les éléments environnants.

2013-07-31-10.07.53_WEBLes gens en charge de donner vie à cette légende sont Élodie Choqueux et toute l’équipe de la TOHU (coordonnatrice de LA FALLA), Charles-Hugo Duhamel (grand manitou de l’équipe terrain de LA FALLA), Damien et Sabrina (pôle construction), Karine et Mélissa (pôle modelage et moulage), Camille et Geneviève (pôle peinture), les falleros (Jenny, Brian, Dave, Emmanuel, Orsen, Rich, Ronald, Tche), les stagiaires et les bénévoles (enfants des camps de jour du quartier, participants des centres Yves-Thériault et Gabrielle-Roy). Vous pourrez rencontrer tout ce beau monde dans moins de deux semaines avec les artistes en charge de vous faire bouger bouger!!!! La programmation complète sur le site de la TOHU et sur la page facebook de LA FALLA 2013.

Sur la photo, le dedans de la vague.

La main à la pâte et poésie on the side…

Je suis en train de lire Testament de Vickie Gendreau. Tu te dis que je suis en retard dans mes lectures. Ben oui, je suis en retard d’un an. Chu en retard pis j’ai mal au ventre et aux poumons. Est-ce ma fibre hypocondriaque qui me rappelle le goût de ma propre mort, ma propre finalité? Est-ce l’empathie littéraire? Est-ce le fait de savoir que Vickie Gendreau n’est plus?

Tout est impératif maintenant dans ma vie. C’est probablement la dernière peine d’amour que je vis. Ça fait mal les dernières fois, c’est vulgaire la vie. J’aimerais au moins pouvoir chiller pendant quelques semaines dans la bibliothèque avec Genet et Guyotat. Je ne vous casserai pas trop les oreilles. Mes histoires ne fonctionnent jamais C’est pour ça que j’aime la poésie, c’est toujours infini. Les gens qui finissent leurs poèmes par un point, je m’en méfie.

Ça sent l’autofiction, mais tout le monde fait de l’autofiction. Chacun ne parle que de soi au final et de l’autour de soi. Même Tolkien dans le Seigneurs des Anneaux avec sa phrase célèbre : « Bilbo le Hobbit, c’est moi. » On parle de notre passé et de ce qui s’en vient. Des prophéties-trash-égocentriques-d’humains-craquelés. Parce qu’il n’y a qu’une seule issue pour tous et que la tragédie est ambiante et spectacle. C’est pour ça que les gens vont à Lac Mégantic et qu’ils s’arrêtent au dépanneur pour demander au commis : « c’est où le meilleur point de vue pour observer la zone rouge? » La tragédie est ambiante et spectacle.

Je me promène et je vois un oisillon tombé de son nid qui se fait bouffer par une centaine de mouches – une fenêtre ouverte avec un mur tapissé de femmes nues. À la radio on annonce qu’une femme de 67 ans s’est fait battre à mort sur la rue Saint-Laurent par un homme à qui on venait de refuser l’accès dans un bar. Ça goûte la nicotine dans ma bouche pis je fume pus depuis 5 ans. La gorge nouée.

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2013-07-12-12.52.04_webmaquette de Charles-Hugo Duhamel

Sur une note plus joyeuse, toujours dans le cadre du projet de médiation de LA FALLA 2013, nous avons commencé à mettre la main à la pâte (à la colle!) avec nos participants de 3 HLM. Nous avons modelé des motifs de bas-reliefs pour orner les panneaux de nos lanternes et recouvert le tout de papier falla. D’un HLM à l’autre les projets sont différents et se personnalisent. Les participants de Des Carriers font des soleils haïtiens. Élucille – Marie-Vénus – Emma – monsieur Coulanges – Maude… les humains se multiplient à chaque séance.

Fanal
Ti-moun se promène nus pieds avec son fanal
ses fanaux
comme une veillée aux chandelles
une procession ludique
un chemin écho tracé de soleils-soirées
une guirlande de maisons de soie
des frères arc-en-ciel : blanc, jaune, noir, rouge
qui éclairent une nuit noire de lune ronde
une nuit chaude
pour écrire des phares-acrostiches
à la lueur de réverbères de papier
à la lumière de feux d’artifices
des bougies baleines
qui remplacent l’électricité
verre d’étoile orangée
fermer les yeux
le mot « soleil » chuchoté

Les participantes de Laure-Conan ont travaillé à partir de moules. Annette nous a raconté comment elle avait appris à faire des sucres d’orge à seize ans avec l’aide d’une soeur. Cette même soeur lui a légué sur son lit de mort ses moules en métal et un livre de recettes. Des recettes patrimoniales de beignes, de sirop contre la grippe, de ketchup de fruits. Un livre magnifique aux pages jaunies écrit à la main, à plusieurs mains. Avec une Sainte Vierge en couverture, plastifiée avec des coutures. Un trésor de souvenirs et d’émotions.

Enfin, à Emmaüs, les motifs étaient variés : arbre – pizza – capteur de rêves – visage. C’est beau de voir comment les gens qui terminent en premier donnent un coup de main à ceux qui sont plus lents, moins habiles ou qui ont des projets plus ambitieux. Ainsi on s’assure que le travail de tous est terminé à temps à l’aide d’une sympathique solidarité.

2013-07-24-12.47.40_webDu côté des chapiteaux, les structures avancent, les personnages se multiplient aussi et les canards passent aux pinceaux. Le tout est INCROYABLEMENT beau et les gens s’investissent tellement dans le boulot qu’il y a fort à parier qu’ils ne voient même plus l’étendue de la beauté et du travail générés. Les professionnels et les falleros se concentrent sur tout ce qu’il reste encore à faire. Le temps commence à être moins présent. L’embrasement c’est pratiquement demain! Serez-vous avec nous pour les journées du 15-16-17 août? Programmation disponible sur le site de la TOHU et sur la page facebook de LA FALLA 2013. Fête au village le jeudi 15 août – Soirée urbaine métissée le vendredi 16 août – Clotûre de LA FALLA le samedi 17 août à partir de 17 heure.

La semaine prochaine je vous raconte le mythe de la création du monde selon les Hurons-Wendat qui est à l’origine de la thématique de LA FALLA de cette année…

FALLA 2013, la suite en sueurs…

2013-07-18-12.47.31_webToujours dans le cadre du volet médiation de la FALLA 2013, nous avons eu la chance de visiter les HLM avec la poète autochtone Joséphine Bacon. Joséphine (Bibitte pour les intimes!) a été généreuse en anecdotes. Son parcours de vie l’a amenée de Pessamit à Mani-Utenam, puis à Québec et à Montréal. Elle nous a parlé du mode de vie des Innus avant et après les pensionnats. De vie nomade, de portage et de canots d’écorce. Des tourbières et de gelée de chicoutais. De l’étendue du territoire. De tentes qui tremblent. Des animaux à fourrures, des animaux qui volent et des animaux aquatiques. Elle nous a raconté la création du monde selon les Innus et l’histoire de chasse des oiseaux d’été. À travers ça, quelques poèmes dit comme des prières et des échanges interculturels sur la langue créole, sur l’immigration et sur le bouddhisme. Riche semaine. Les aînés-lumières ont commencé à jeter de l’encre sur le papier, un remue-méninges poétique avec des perles comme : « verre d’étoile orangée », « le coeur qui bat brisé, n’importe quoi », « âme nouvelle – feux follets », « tout noir, plus sombre la terreur », « éclaire la vie, la terre, l’amour », « les flammes qui dansent ». La semaine prochaine nous mettrons la main à la pâte. Nous commençons le modelage des bas-reliefs et la peinture d’écriture sur nos tissus.

2013-07-18-13.10.22_webPendant ce temps, sous les chapiteaux il faisait très chaud. Malgré la température et les pluies violentes qui ont débordé dans les tentes et qui se sont attaquées aux couleurs éclatantes de Camille; le travail continue. La tortue a revêtu sa robe verte – un groupe de jeunes autochtones du Centre d’amitié est venu porter main forte aux falleros et s’est affairé à peindre les vagues et des canards se sont faits clouer le bec à la perceuse par Mélissa. Parmi ces abeilles, je vous présente Jenny, notre seule et unique fallera dans un groupe de 7 falleros. Jenny manie les outils aussi bien que ses collègues masculins et comme elle le dit elle-même, elle n’a pas besoin qu’on lui coupe son bois!

Véritable travail collectif, vous voyez ci-dessous MES magnifiques fleurs. J’ai travaillé à la construction de ces fleurs avec l’aide du grand manitou, Charles-Hugo Duhamel. Après avoir assemblé une première fleur de bois et de carton, nous avons apporté les ajustements nécessaires et avons produit deux autres fleurs similaires avec l’aide de Marie-France. Marie-France a ensuite pris le relais pour l’application du papier falla avec, notamment, Claudia. Un enduit de plâtre a ensuite été ajouté, par Dave, si je ne m’abuse et après le sablage, Camille est venue finaliser ces belles hémérocalles en apposant les couleurs à l’aérographe. Comme je le disais, une véritable oeuvre collective où les fleurs (et tout le reste de la structure-sculpture éphémère) sont le travail de tous et chacun. Mes fleurs en même temps que les fleurs de Charles-Hugo, de Marie-France, de Claudia, de Dave, de Camille et de toutes ces personnes (professionnels, falleros, bénévoles) qui participent à ce projet de médiation plus grand que nature.

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Lanternes poétiques dans la mire

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Dans le cadre du volet médiation culturelle de la Falla 2013, ca y est, on plonge avec nos « aînés-lumières » dans le notre projet de lanternes poétiques. Avec l’aide de Patricia (médiatrice culturelle à LA TOHU), de Micheline (intervenante de milieu dans les 4 HLM de Saint-Michel) et des falleros.

projet de lanternes poétiques – « illuminations »
La poésie est une « fenêtre ouverte », une « illumination » et les poètes et leurs voix poétiques, autant d’étincelles dans le monde. À travers les textes du livre-disque Les bruits du monde, les participants découvrent la parole poétique de différents auteurs, dont certains poètes autochtones et s’inspirent de leur propre lumière intérieure pour fabriquer des lanternes qui s’allumeront lors des festivités de la FALLA les 15-16 et 17 août.

Les Marcel, Adèle, Shirley, Marie-Rose, Rose-Marie, Gilberto, Anette, Maude, Denise, Céleste et j’en passe, nous ont accueillis chez eux et ont écouté attentivement l’histoire-thématique de LA FALLA 2013. Cette légende de la création du monde selon la nation huronne-wendat, qui raconte comment le crapaud a transporté la terre du fond de l’océan pour recouvrir la carapace de la sage tortue afin qu’Aataensic et sa famille puissent y habiter et cultiver le maïs, la courge et les haricots.

Nos gardiens de la lumière et du feu mijotent déjà des idées de capteurs de rêves, de plumes, d’oiseaux-parachutes et de couleurs pour la fabrication des lanternes. Ces lanternes sont à l’image du projet plus ambitieux des falleros. À travers le processus de fabrication de nos lanternes, nous serons amenés à explorer les différentes étapes des projets FALLA : construction d’une structure en bois, modelage de bas-reliefs, moulage et peinture. À ce projet nous ajouterons nos voix, en lisant et en enregistrant des poèmes de différents auteurs du livre Les bruits du monde (Mémoire d’encrier).

Les bruits du monde
Ouvrage collectif dirigé par Laure Morali et Rodney Saint-Éloi, Mémoire d’Encrier
Vingt-neuf auteurs sont parmi nous dans ce livre-disque qui célèbre la rencontre, poursuivant le cycle de la parole, en dehors des identités et des cloisonnements. Voici venir ce temps hors frontières où les femmes et les hommes habitent pleinement le monde et se racontent à travers les fables et rumeurs, Nous et l’Autre… dans la nécessité du vivre-ensemble, confrontant corps, imaginaires et pensées. Serrement de coeurs, de voix afin de donner sens à nos chemins et de nous tenir debout face à l’horizon.

Mémoire d’encrier et Les Éditions Bruno Doucey ont eu la courtoisie de nous donner leur aval pour aller de l’avant avec notre projet artistique. Un merci tout spécial à ces auteurs qui savent nous toucher et nous inspirer avec une parole authentique remplie « d’étincelles » et de « feu » sacré. C’est la lumière de José Acquelin, de Joséphine Bacon, de Jeanne Benameur, de Franz Benjamin, de Jean Désy, de Naomi Fontaine, de Violaine Forest, de Natasha Kanapé Fontaine, de Yvon Le Men, de Laure Morali, de Manon Nolin de Makenzy Orcel, d’Arnaud Pons/Annie Bats, de Rodney Saint-Éloi et de Ouanessa Younsi qui nous guide dans notre projet et qui permet la rencontre des aînés avec LA FALLA et avec la parole poétique.

Un beau projet collectif où les aînés sont accompagnés par les professionnels de LA TOHU, les falleros, des intervenants et des artistes. Un espace pour la parole, la créativité et le grain de sel de chacun. La semaine prochaine nous aurons la visite de Joséphine Bacon. Je vous en redonnerai des nouvelles.

Pendant ce temps, on cirque « complètement » à LA TOHU avec chevaux miniatures et spectacles – les falleros et les professionnels accélèrent le rythme de travail et composent des beats –  les pôles de création des organismes communautaires (le Centre Yves-Thériault, le Centre Gabrielle-Roy, les camps de jours, etc.) se joignent à nous avec d’autres bénévoles – et Camille a rejoint l’équipe pour ajouter de la couleur dans nos vies. À suivre…

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Crème solaire, crème-glacée et poésie sonore

Les collaborateurs/amis de LUNETTES ROSES s’agitent pendant l’été. Tandis que Sophie Poifol et Jean-Christophe Diehl parcourent les routes argentines, Annie-C Simard Simard raconte des jokes plates dans un village au Sénégal, Claudia Martel fait le deuil de la Betty-Boop-mobile, Mymy la fourmi s’arrache les cheveux pour essayer d’appliquer sa grille de correction à une copie « singulière », Mélanie Turmel cueille de la fleur d’ail, DJ-MFM coupe une patte à son divan afin de pouvoir le rentrer dans son nouveau salon et Sébastien Lamarre travaille [s’amuse] comme correcteur à l’Épreuve Uniforme de Français…

« Dans le prochain paragraphe, je vais présenter un point de vue contradictoire. »  🙂

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De mon côté, je fais avancer différents dossiers : un projet de conte illustré par le très talentueux Pierre-Yves Diehl, un spectacle-bénéfice pour la publication des recueils CODE COLIBRI (de moi-même!) et J’étais énergumène (Mizaël Bilodeau) chez GROUPE POÉSIE COMBATTANTE, une exposition  de poésie sonore pour le prochain Mois de la poésie et des ateliers de confection de lanternes poétiques avec des aînés de 4 HLM du quartier Saint-Michel dans le cadre du méga projet de médiation culturelle LA FALLA de la TOHU.

Les Falleros, aidés de bénévoles de plusieurs organismes communautaires du quartier Saint-Michel s’affairent à réaliser une structure-sculpture éphémère en bois et en papier mâché. L’installation aura une dizaine de mètres de hauteur et deviendra, à terme, un grand bûcher lors des 3 soirées enflammées des 15-16 et 17 août. Le vaste projet de médiation permet à des jeunes de s’initier aux différentes techniques utilisées, tout en rassemblant la communauté et en célébrant la diversité culturelle. Détails sur le site de la TOHU.

Je serai donc moins assidue sur le blogue, mais j’essaierai de publier quelques articles pour vous partager le développement de la sculpture-structure éphémère élaborée par les Falleros et pour vous raconter comment évoluent nos lanternes poétiques sonores. Déjà je peux vous faire une confidence….. il y a une chanson rap en rédaction. Emmanuel, Orson, Rich, Ronald et Dave ont des tas d’idées qui prennent déjà forme en rimes de façon magnifique…

« OH comme dans TOHU / événement pour les jeunes et les adultes de nos rues / on met de la fierté dans nos sculptures / attendons le plus de monde possible de toutes les cultures. » (Ronald)

À suivre…

C’est l’été! Yé!