Blanc

Une nouvelle série de fragments »CORRESPONDANCES ET CONVERSATIONS« . Cette conversation a été entendue au Café Babylone, un jour où je me suis fait poser un lapin. Je suis entrée dans le café, en beau maudit et j’ai commandé une pinte de noire. À côté de moi un jeune homme venait de perdre la femme se vie et discutait avec une amie. Le mot « cancer » a été prononcé. Cette conversation s’est superposée à d’autres, antérieures. Des conversations entre moi et Sophie à propos de sa mère, entre moi et ma mère à propos de Ghislaine…

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inconnus au Café Babylone…
– Sinon, les gens ils sont maladroits, ils ne savent pas quoi dire, non? Du coup, le malade doit les rassurer et les convaincre que ça va et que la vie continue. La personne prend une partie de son énergie pour ça. Pour que les autres aillent mieux. Et c’est pour ça que tout n’est pas dit. On ne veut pas inquiéter l’entourage, on ne veut pas voir la famille si soucieuse. On ne veut pas parce qu’on n’a plus l’énergie pour écouter la peine de tous ces gens. Oui, ils ont mal eux aussi, ils veulent juste que ça soit comme avant, mais c’est pas possible. Et le malade le sait. Le malade sait qu’il est malade, il sait qu’il a mal, il sait qu’il va mourir. Mais il se bat et pour combattre il doit croire qu’il peut vaincre. L’instinct de survie est très très fort.

– Tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui est mort d’un cancer. Il y a un très beau film à ce sujet. Bon, c’est peut-être pas le moment de le voir, mais c’est un très beau film.

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